Irons, le retour de l’homme de fer

Irons, tome 1: ingénieur-conseil, Tristan Roulot (scénario), Luc Brahy (dessin). Editions Le Lombard, 56 pages, 12,45 euros.

Faire d’un ingénieur des ponts-et-chaussée (bon, « ingénieur-conseil ») un héros de bandes dessinées d’aventures est un pitch pour le moins insolite et osé. C’est le pari tenté par Tristan Roulot (Hedge Fund ou le récent Arale) et Luc Brahy (Alto Plano, Mission Osirak) avec Jack Irons.

Spécialiste en superstructures de béton et d’acier, en construction et destruction de ponts, misanthrope et sarcastique, marqué par un drame familial, ce dernier a aussi une fâcheuse tendance à se retrouver là où tout va mal.
Dans ce premier tome, on le retrouve sur l’île du Prince Edouard, au bout du Canada, cherchant à rejoindre en taxi le New-Brunswick. Mais voilà que le pont de la Confédération, qui relie l’île au continent explose, tandis qu’une banque locale vient d’être braquée. Coincé sur place, il mène ses propres investigations, plus ou moins contraint de collaborer avec la jolie inspectrice de police locale, sur fond de tensions récurrentes entre la compagnie qui gère le pont et les pêcheurs locaux qui accusent l’édifice d’avoir fait disparaître les homards, leur gagne-pain.

Certes, avec sa carrure d’athlète et son crâne chauve, Jack Irons a le physique de l’emploi et apparemment un passé trouble d’homme d’action qui dépasse ses strictes fonctions. Mais l’intérêt de cette nouvelle série (un tome 2, Les sables de sinkis, est déjà annoncé) est de ne pas surjouer sur le côté héroïque. Assez complexe et emberlificotée (et résolue bien sûr à la fin), l’intrigue réservera une relative surprise mais se révélera surtout assez tristement banale. De même, les déductions d’Irons sont logiques et basées sur ses connaissances professionnelles. Enfin, la description du quotidien de cette île canadienne, bien détaillée au fil des pages, ajoute une dose de véracité et d’ancrage local à l’ensemble. De quoi rendre assez prenante cette première histoire et de passer outre un dessin assez sommaire s’agissant des visages des différents personnages.

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  • Au-delà des betteraves et des patates, la Picardie produit aussi des bandes dessinées. Rien d’étonnant, puisque résident ou sont nés ici un nombre grandissant d’auteurs. C’est l’objet de ce blog d’en parler. Tout comme des autres albums intéressants du moment, d’où qu’ils viennent. Et aussi de l’actualité qui nous touche et se rattache au 9e art. Bref, un blog qui ne se veut absolument pas officiel, ni exhaustif… mais éclectique et aussi varié que les goûts de chacun des contributeurs. // Cet espace est animé par des amoureux de cet art qu’on qualifie de neuvième – en professionnels (journalistes au Courrier picard), mais surtout en amateurs (fans du genre). Il est fait de chroniques très ouvertes. Tous les genres y sont critiqués. Avec une tendance à privilégier les albums qu’on aime, puisque la critique, quelle qu’elle soit, est forcément une mise en valeur publique. Notre principe de chronique est simple : un résumé de l’histoire pour la situer ; un regard sur l’ouvrage en général, le style, le scénario, le dessin… Cet espace est ouvert à tous, soyez-y les bienvenus ! /// Deux précisions : 1> Tous les dessins des images d’en-tête (ci-dessus) sont des extraits d’affiches (signés Jiro Taniguchi, Guarnido ou Druillet) réalisée dans le cadre des Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens ; extraits reproduits avec l’aimable autorisation de l’association On a marché sur la bulle. 2> La plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande, elles seront retirées.

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