Amber Blake, une nouvelle justicière à la mode

Amber Blake, tome 1: la fille de Merton Castle, Jade Lagardère (scénario), Butch Guice (dessin). Editions Glénat, 48 pages, 13,90 euros.

Merton Castle, sur l’île de Jersey est un orphelinat où une mère laisse sa petite fille, en 2003. Elevée à la dure, Amber Blake se fait une amie, Amanda, avec qui elle traverse toutes les difficultés. Et ses qualités intellectuelles l’a font remarquer par la fondation Cleverland, réseau d’écoles d’élites fondé par un philanthrope indien qui vise à aider les enfants défavorisés. Sauf que le responsable de Clerverland pour le Royaume-Uni, également directeur de Merton Castle, Jeff Kavotz est aussi un pervers pédophile. Amanda n’y survivra pas. Amber, elle, parvient à s’enfuir et elle est récupérée par une organisation secrète, Argon, qui combat les réseaux pédophiles ou de prostitution. A travers Argon, Amber voit aussi un moyen de pourchasser Kavotz et de se venger…
Il y a une mauvaise raison de s’intéresser à cet album et de ne pas l’aimer : le profil de la scénariste. Ancien mannequin et ambassadrice de l’association humanitaire SOS Villages d’enfants, Jade Lagardère est aussi la femme d’Arnaud Lagardère, PDG du groupe du même nom. A celle qui a déjà l’amour, la gloire, la beauté et la richesse, on pardonnera donc moins de venir sur les plates-bandes de la bande dessinée.
On notera cependant qu’elle ne se cache pas derrière un pseudo (pratique pourtant courante en BD) et il serait malvenu de lui faire grief de ses origines, surtout pour un album basé sur les traumas enfantins et leurs conséquences indélébiles.
A contrario, ce pedigree ne fait pas automatiquement un chef d’oeuvre. De fait, cette « série d’action rythmée, moderne, impitoyable entre Alias et Largo Winch » – telle que vantée dans le dossier de presse – laisse une impression mitigée et assez bizarre. Le scénario est très manichéen, oscillant entre les X-Men sans les pouvoirs (comme le remarque l’héroïne non sans autodérision) et le polar hard boiled, pour la violence de certaines séquences. Même en partie hors champs, plusieurs viols et meurtres parsèment ce premier tome. Et le traitement hyper réaliste de Butch Guice (ayant oeuvré chez Marvel, puis DC Comics et auteur récemment de la série Mandalay aux Humanos) ajoute encore au malaise et à la force de certaines scènes.

Peu crédible, l’intrigue n’est cependant pas plus invraisemblable que Mission Impossible ou autres séries d’actions aux héros survitaminés combattant de super-méchants criminels surpuissants. Et Amber Blake se montre, dans le genre, tout aussi distrayant. Sans oublier un ctliffhanger, qui remet dans une drôle de perspective la relation amoureuse d’Amber, incontestablement réussi. Au moins pour inciter a suivre cette aventure d’une belle jeune femme privée d’enfance, esseulée dans un monde sombre, violent, grisé par sa puissance et cruel. Pour le coup et vu sous cet angle, un univers pas si loin d’une autobiographie fantasmée de jeunes filles mannequins, débutant tout juste adolescentes, dans le monde impitoyable de la mode.

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  • Au-delà des betteraves et des patates, la Picardie produit aussi des bandes dessinées. Rien d’étonnant, puisque résident ou sont nés ici un nombre grandissant d’auteurs. C’est l’objet de ce blog d’en parler. Tout comme des autres albums intéressants du moment, d’où qu’ils viennent. Et aussi de l’actualité qui nous touche et se rattache au 9e art. Bref, un blog qui ne se veut absolument pas officiel, ni exhaustif… mais éclectique et aussi varié que les goûts de chacun des contributeurs. // Cet espace est animé par des amoureux de cet art qu’on qualifie de neuvième – en professionnels (journalistes au Courrier picard), mais surtout en amateurs (fans du genre). Il est fait de chroniques très ouvertes. Tous les genres y sont critiqués. Avec une tendance à privilégier les albums qu’on aime, puisque la critique, quelle qu’elle soit, est forcément une mise en valeur publique. Notre principe de chronique est simple : un résumé de l’histoire pour la situer ; un regard sur l’ouvrage en général, le style, le scénario, le dessin… Cet espace est ouvert à tous, soyez-y les bienvenus ! /// Deux précisions : 1> Tous les dessins des images d’en-tête (ci-dessus) sont des extraits d’affiches (signés Jiro Taniguchi, Guarnido ou Druillet) réalisée dans le cadre des Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens ; extraits reproduits avec l’aimable autorisation de l’association On a marché sur la bulle. 2> La plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande, elles seront retirées.

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