Quand les VIP vont sauver le monde

Mini VIP & Super VIP, le mystère du va-et-vient, Bruno Bozzetto (scénario), Grégory Panaccione (dessin). Editions Soleil, Coll. Métamorphose, 280 pages, 27,95 euros.

La Terre est désormais polluée à 99,999%. Chaque famille possède cinq voitures et il y a en quelque 6 milliards en circulation. Le trafic est continuellement paralysé, les gens contraints de porter de très jolis masques à gaz « antispax ». Mais ce qui pourrait sembler n’être que l’aboutissement logique d’une fatalité très humaine est en fait un plan machiavélique et multimillénaire d’une reine arachnoïde super-méchante, « sa Fertilité », dont la planète Sparky s’enfonce sous les eaux. Après avoir subtilement transmis la roue à l’humanité, puis l’avoir fait progresser technologiquement jusqu’à lui avoir fait découvrir le pétrole, puis donc la civilisation automobile, elle touche au but: la Terre est bientôt suffisamment polluée pour accueillir ses millions d’oeufs.
Mais au cours d’une mission exploratoire, un des esclaves de sa Fertilité perd son « va-et-vient », un objet en forme de torche électrique qui permet de voyager instantanément à travers l’espace. Et celui-ci tombe entre les mains de Mini VIP, héritier chétif d’une dynastie de super-héros, vivant dans l’ombre de son frère, Super-VIP, géant musclé avec tous les apanages du super-héros, mais super-déprimé depuis le départ de sa copine. Sans vraiment l’avoir voulu, le duo (ainsi qu’un singe géant érudit jouant les king-kong pour un film) vont, entre autre, se mettre en travers du projet funeste concocté sur la planète Sparky..

Le récit, comme le graphisme, font très cartoon. Et ce n’est pas un hasard, puisque l’Italien Bruno Bozzetto en portait le projet depuis des années. Les personnages caricaturaux comme l’histoire loufoque au possible demeurent dans cet esprit. Du graphisme des super-héros au look d’Indestructibles à celui des esclaves de sa Fertilité, petits bipèdes verts à gros nez. Et le dessin de Grégory Panaccione, toujours aussi rond et chaleureux y est pour beaucoup. On retrouve ici toute la finesse, l’aspect soigné et la maîtrise des petites cases de son Océan d’amour.
Le souci vient du fait que ce qui ferait un bon story-board pour dessin animé s’avère un peu léger pour un gros album de près de 300 pages. D’où quelques baisses de régime et longueurs. Mais celles-ci sont compensées par les bouffées d’humour absurde et un ton résolument fantaisiste. Un ton qui rappelle celui des « Looney tunes » et autres dessins animés d’autrefois.

Soulignons enfin le soin apporté à l’édition de l’album, comme c’est de tradition dans cette collection Métamorphose: dos cousu avec enfoncement et surfaçage (et même, avec le dossier de presse une planche ludique à l’encre thermochromique). De quoi en faire, en plus, un vrai beau livre.

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  • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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