Avec Fabcaro, l’union fait la farce

Moins qu’hier (plus que demain), Fabcaro. Editions Glénat, coll. GlénAAARG!, 64 pages, 12,75 euros.

Tous unis par les « liens d’un mariage précaire et conflictuel », les couples présents dans ce petit album partagent les petits soucis du quotidien et les grands moments de spleen. Au cours d’une journée, du matin (6h58) jusqu’au soir (23h01), une vaste palette d’hommes et de femmes échangent leurs pensées, se déchirent ou s’ennuient au fil de strips en une page. 

Après s’être rôdé au roman-photo drolatique dans l’hilarant Et si l’amour c’était aimer, Fabcaro poursuit donc dans les histoires sentimentales. Dans un registre donc beaucoup plus quotidien. Celui qui, peu à peu, détruit justement l’amour avec un grand « A », comme l’indique sans détours le titre : « plus qu’hier, moins que demain« ). Il le fait en multipliant les échanges d’apparence banale ou complètement absurdes, passant d’une situation à l’autre, du repas d’amoureux aux échanges de bureau, mais avec en running gag le retour régulier de Fabien, jeune homme attendant patiemment dans son lit que sa compagne (partie avec sa valise !) revienne avec des croissants.

Les couples ne sont en effet guère radieux  et c’est à une joyeuse démolition de la vie maritale que s’attache – et s’attaque – Fabcaro. Banalité de la vie quotidienne, épuisement du désir et de la passion derrière les petits tracas du couple. Mais il évoque cela avec son humour décalé et pince-sans-rire habituel, où la légèreté du trait – à peine rehaussé de touches de couleurs en bichromie – n’a d’égal que la profondeur des réflexions.
Loi du genre et de cette succession de gags en une page, certains touchent plus que d’autres. Mais au final, l’effet cumulatif rend ces pages assez irrésistibles. 

Dans un autre genre que les Mauvaises mines de Jonathan Munoz, voilà en tout cas une nouvelle réussite pour lancer la nouvelle collection GlénAAARG !

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  • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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