Catel, Grand Prix Diagonale-Le Soir

Catel Muller vient de se voir récompensée par le Grand Prix Diagonale-Le Soir de la bande dessinée. C’est la première femme à se voir ainsi couronner par ce grand prix belge, le dernier sous ce nom…

Biographe de femmes et féministe, Catel Muller est donc désormais aussi la première auteure femme à recevoir le Grand Prix Diagonale-Le Soir (navire amiral du groupe de presse Rossel, dont fait aussi partie le Courrier picard, via sa filiale Rossel-La Voix). Elle s’impose aussi, comme ses beaux portraits de femmes l’ont fait en librairies, de Kiki de Montparnasse (Grand Prix du public à Angoulême) à Benoîte Groult (prix Artemisia, pour sa part), d’Olympe de Gouges à Joséphine Baker (en  attendant Madame La Fayette, son prochain projet de roman graphique).
C’est d’ailleurs pour l’ensemble de son oeuvre que l’auteure strasbourgeoise a été récompensée, la semaine dernière.
Et comme le note notre confrère du Soir Daniel Couvreur, dans « le grand entretien » que lui consacre le journal ce 5 mai : « Les modèles des romans graphiques de Catel Muller sont des femmes libres, fraternelles, qui revendiquent une juste égalité avec les hommes. Son œuvre de bande dessinée va dans le sens de l’histoire. L’auteure ne cherche pas à choquer les esprits mais à mettre toute son énergie artistique au service de la défense de ses idéesAu siècle de Weinstein comme à celui de Robespierre, c’est loin d’être anodin. »

Elle revient longuement sur cette position d’auteure femme dans le monde de la bande dessinée, saluant notamment la décision prise, toujours en Belgique, d’avoir une lauréate un an sur deux pour le futur prix Victor-Rossel de la BD: « C’est une évolution nécessaire. Ça va mener à davantage d’équilibre entre les hommes et les femmes, ça va entraîner une dynamique. Les femmes pourront enfin se dire que c’est aussi un métier pour elles. C’est un geste politique fort que la France, et Angoulême en particulier, n’a pas posé. En quarante ans, une seule femme y a reçu le Grand Prix. Les hommes se cooptent entre eux. »

Autres primés de cette édition 2018: Cinq branches de coton noir d’Yves Sente et Steve Cuzor a reçu le prix du Meilleur album et Alain Dodier a eu le prix de la meilleurs série pour Jérôme K. Jérôme Bloche.

Il était temps cependant que le Prix Diagonale couronne une femme, puisqu’il s’agissait cette année, de la toute dernière édition du prix. Du moins sous ce nom et cette forme. Dès l’an prochain, en même temps que la passation de présidence entre Jean Dufaux et Bernard Yslaire, le prix deviendra la prix Victor-Rossel de la bande dessinée, pendant pour le 9e art à cette récompense plus ou moins comparable au Prix Goncourt, outre-Quiévrain.

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