L’Atomium et l’Expo 58 avec le Sourire

Sourire 58, Patrick Weber (scénario), Baudoin Deville (dessin). Editions Anspach, 64 pages, 14,50 euros.

Il y a soixante ans tout juste, le 17 avril 1958, l’Exposition universelle de Bruxelles ouvrait ses portes. Avec, en oeuvre phare son Atomium, pensé pour représenter une molécule de fer à taille gigantesque et pour symboliser les neuf provinces du royaume de Belgique. Kathleen Van Overstraeten, une jeune bruxelloise va être au coeur de l’événement. Et beaucoup plus même que ce qu’elle aurait désiré. Elle a réussi à se faire engager comme hôtesse de l’expo. Une nouveauté qui va marquer les esprits, avec leur tricorne noir, leur veste grenat et leur « sourire 58 » qui deviendra emblématique de l’événement, au même titre que les barres chocolatées spéciales lancées à cette occasion.
Mais Kathleen va vite être confronté à des faits nettement moins glamour. En cette époque de guerre froide et de tension extrême entre l’Ouest et l’Est à Berlin, elle va se retrouver au milieu d’un nid d’espions présumés, entre l’américain Amber, le russe Nicolas Soukine et l’Italien envoyé par l’Osservatore romano du Vatican Fra Matteo. Et même Jean-Marc Spruyt, officiellement embauché au pavillon belge, et dont elle commence à tomber amoureux cache peut-être des secrets. Et une lourde menace pèse sur l’expo universelle.

Voilà quatre ans, le romancier britannique Jonathan Coe, dans Expo 58, avait imaginé une intrigue rocambolesque, parodie de roman d’espionnage se déroulant au coeur de cette exposition universelle de Bruxelles. Dans ce one-shot, qui se veut un peu l’album officiel du 60e anniversaire, le récit est plus au premier degré. Et l’intrigue demeure au final assez classique, tout en étant rondement menée et maintenant un suspense jusqu’au bout.
Mais c’est bien sûr l’ambiance très particulière de cette expo et de cette époque qui fait tout le charme de ce premier album publié par une nouvelle maison d’édition lancée par l’ex-attaché de presse Nicolas Anspach. Une atmosphère bien restituée dans un style ligne clair rétro par le dessinateur liégeois Baudoin Deville. Ce dernier s’attache particulièrement aux innovations et bâtiments qui ont marqué l’expo, puisant dans les archives de Jacqueline Moens de Ferning, fille du commissaire général de l’expo. Il ajoute aussi au fil des pages pas mal de clins d’oeil graphiques à l’univers de la BD belge ou du cinéma (ainsi de son Jean-Marc Spruyt aux faux airs de Cary Grant).
Une petite bouffée de nostalgie en phase avec l’actualité commémorative et qui est enrichie par un dossier riches en photos d’archives. De quoi voir d’une autre façon l’Atomium – remis à neuf dernièrement.
Et ce « sourire » d’époque se prolonge « outdoor » jusqu’au 16 octobre, en face de l’Atomium, avec une expo temporaire présentant les grandes étapes de l’Expo 58 illustrée par des vignettes agrandies de l’album (plus classiquement, la galerie Champaka expose des planches originales jusqu’au 5 mai).

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  • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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