Julien Clerc sous ciel gris

    La vieillesse est un naufrage; on perd la mémoire. Plus moyen de me rappeler quand précisément j’avais interviewé Julien pour la première fois. Cela doit remonter à une dizaine d’années. Je me souviens d’avoir pris le train pour Paris. C’était une journée d’hiver, grise, comme seule la Picardie sait en produire. Je l’avais

Antoine ( à gauche) et Medhi, maîtres des lieux au restaurant Le Sésame, quai de Valmy, à Paris.
Chaude ambiance au Sésame, quai de Valmy, à Paris.

retrouvé dans une salle de sport. Était-ce un match de tennis ou une patinoire? Une patinoire? Ne serait-ce pas la chanson «Le patineur» de 1972, avec des paroles d’Étienne Roda-Gil qui m’influence? Il me revient que nous étions sur les bancs d’une tribune et qu’il portait un bonnet. Était-ce parce qu’il faisait froid ou qu’il voulait ne pas se faire reconnaître des autres spectateurs? Qu’importe au fond. Je l’ai interviewé une nouvelle fois, il y a quelques jours. C’était encore l’hiver; il faisait toujours froid. Et le temps était gris, une fois encore. J’ai pris, une fois de plus le train, mais, cette fois, la Marquise était à mes côtés. Elle était élégante et tout heureuse à l’idée de rencontrer le beau brun ténébreux. Elle m’a dit que c’était comme si je lui faisais un beau cadeau de Noël. L’interview a eu lieu au 18 de la rue d’Oberkampf dans sa loge, juste avant son passage dans l’émission de télévision C à vous, sur France 5. Il nous reçut avec chaleur, courtois, attentif, pas langue du bois du tout. Nous l’avons bien sûr questionné sur son dernier album, A nos amours, dans lequel il accueille des textes de Didier Barbelivien (magnifiques paroles; je ne supporte plus que certains intellectuels se moquent sous cape de ce grand parolier), de mon copain Vincent Ravalec, de Maxime Le Forestier, de Brigitte Fontaine, de Marc Lavoine, de Bruno Guglielmi, de Vianney, de Carla Bruni (très beau texte; je ne supporte plus que certains intellectuels de gauche se moquent sous cape de cette belle artiste sous prétexte qu’elle est l’épouse de l’ultralibéral Nicolas Sarkozy), etc. Nous lui avons demandé de nous parler de sa «Tournée des 50 ans» qui le mènera, en février, en mai et en octobre en Picardie. Mais j’avoue que je lui ai surtout demandé de me parler d’Étienne Roda-Gil et de son grand ami Maurice Vallet (tous deux nous ont quittés) qui me fascine. Je repense à la chanson «Ivanovitch» avec ses paroles si fraternelles (il y est question de frères et d’apprentis); Maurice Vallet (jeune, il ressemblait à Patrick Rambaud; quinqua, à Jean-Jacques Brochier) se serait inspiré de Blaise Cendrars. Comme j’aurais aimé rencontrer Vallet, boire des verres avec lui, parler littérature. De Cendrars. Ensuite, nous avons foncé au Rouquet, à l’angle de la rue des Saint-Pères (où se trouvaient les locaux du Magazine littéraire dont le rédacteur était Brochier; une coïncidence, encore une) et du boulevard Saint-Germain. Là, nous avons bu des verres avec l’ami François Cérésa. Puis, nous avons baguenaudé quai de Valmy. Nous avons dîné dans un excellent restaurant, Le Sésame, situé au 51. Le vin bio des Cévennes donnait des couleurs à la Marquise. Nous avons discuté avec Antoine et Medhi, les maîtres des lieux, avant de reprendre notre train. Il devait encore faire gris, mais on ne s’en rendait pas compte tenu qu’il faisait nuit.

Dimanche 31 décembre 2017.

 

 

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  • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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