Gung Ho toujours plus haut

    Gung Ho, tome 4: colère, Benjamin Von Eckartsberg (scénario), Thomas Von Kummant (dessin). Editions Paquet, 96 pages, 17 euros.

    Dans ce futur proche où l’humanité a été laminée par l’apparition d’une masse de gros singes blancs très agressifs, le jeune Archer a été banni de la colonie de Fort Apache, considéré comme coupable du viol d’une jeune fille, malgré ses dénégations. Mais son frère Zack a réussi à persuader une bande de jeunes à aller le sauver, dans la zone de danger, loin des murs protecteurs de la cité. Une expédition risquée, alors que la pression des rippers s’accentue. Et bientôt la violence va s’abattre. De façon dramatique. A l’extérieur, mais bientôt aussi à l’intérieur de Fort Apache.

    On aura donc appris, grâce à cette série que “Gung Ho” est un cri que poussaient les GI’s pendant la Seconde Guerre mondiale pour se donner du courage. De fait, il s’impose ici. Dans cet avant-dernier épisode d’une cette série décidément addictive, marquée donc par la colère et la violence.

    Par bien des aspects, ce tome 4 concentre et amplifie les tensions des volumes précédents. Cette fois, le face à face est frontal avec les rippers. Et les antagonismes entre les membres de la colonie de Fort Apache vont aussi s’exacerber.

    Ce survival ado (un genre en pleine croissance, mais à l’antériorité et la légitimité incontestable ici) maintient le niveau des tomes précédents. Il bénéficie déjà de sa forte pagination (80 planches), permettant de maintenir un niveau appréciable d’action, mais sans délaisser pour autant la psychologie et l’évolution des personnages, toujours partagés entre nécessité de s’entraider et pulsions destructrices. Désormais plus familiers, ceux-ci sont d’ailleurs d’autant plus attachants. L’intrigue avance donc avec son lot de drames et quelques bouffées de tendresse. Et, bien sûr, grâce à la singularité du dessin de Thomas Von Kummant. Un dessin infographié, sans contours, avec une belle mise en couleurs, qui procure un étonnant et fascinant effet de réel. Des qualités qui font escompter un dénouement spectaculaire pour boucler l’aventure.

    Mais, d’ores et déjà, on peut acter que Gung Ho survivra comme une saga d’anticipation marquante de cette dernière décennie.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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