Planeta extra, ça déménage

    Planeta extra, Diego Agrimbau (scénario), Gabriel Ippoliti (dessin). Editions Sarbacane, 88 pages, 18 euros.

    Dans ce futur, la Terre est devenue une vraie poubelle. Les plus riches ont la possibilité d’émigrer vers Luna Europa, planète terraformée et nouvel Eden pour privilégiés. Les autres, les pauvres et les déshérités font comme d’habitude, ils se débrouillent pour survivre. C’est le cas de Kiké Tetamanti, déménageur de son état. Avec son beau-frère Toti, aussi petit et malingre qu’il est costaud, ils arrondissent leurs fins de mois en transportant illégalement des candidats au départ vers Luna Euoropa jusqu’au cosmoport avec leur camion volant. Un plan pas dénué de risques.
    Et la situation se complique encore lorsque la fille aînée de Kiké, Brenda, de retour de Paris, leur annonce son prochain départ vers Luna Europa, en compagnie de son futur mari, Pilo, bien plus vieux qu’elle mais apparemment très riche. Kiké décide alors de la retenir parmi eux, à Buenos Aires, quitte à endetter la famille pour lui offrir la clinique dont elle rêverait. Début de nouvelles embrouilles…
    Onze ans après sa parution en Argentine, où elle obtint un joli succès et plusieurs prix, Planeta Extra paraît en français grâce aux éditions Sarbacane. L’avantage, avec les récits d’anticipation ou de science-fiction, est qu’ils ont une marge avant d’apparaître démodés. Mais, ici, l’histoire apparaît encore plus d’actualité.
    Si les péripéties de Kiké et Toti sont avant tout une comédie d’anticipation, dans un futur déglingué à la Blade Runner et des véhicules volants bricolés, le fond du propos avec ces riches faisant sécession pour aller s’établir sur une autre planète ou la Terre devenant un dépotoir nourrissant révoltes et désespoir prend un côté presque visionnaire.
    Le dessin de Gabriel Ippoliti, semi-réaliste, avec un trait un peu jeté à la Prado et des arrières-plans très fouillés, apporte un vrai effet de réalisme. Une bonne (re)découverte venant d’un duo d’auteurs dont avait pu déjà apprécier, dans un tout autre genre Eden Hôtel et leur jeune Che Guevara en lutte contre des nazis.
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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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