Avant, pendant et après “La Guerre des Lulus”

     La Guerre des Lulus, la perspective Luigi, tome 2, Régis Hautière (scénario), Damien Cuvillier (dessin), David François (couleur). Editions Casterman, 64 pages, 13,95 euros.
    La Guerre des Lulus, tome 6: Lucien, Régis Hautière (scénario), Hardoc (dessin et couleur), David Périmony (couleur). Editions Casterman, 64 pages, 13,95 euros.

    Fin d’un cycle et début d’un autre pour les “Lulus”. En cet automne sont en effet sortis, à deux mois d’intervalle le premier tome de “l’après-guerre des Lulus” et la seconde partie du diptyque de La perspective Luigi, qui éclaire l’ellipse faite dans la série initiale entre le tome 3 et le tome 4.

    L’évasion de Berlin jusqu’en Belgique

    S’agissant de ce dernier album, le journaliste enquêtant sur les prisonniers de guerre revient à Amiens afin que Luigi lui conte la suite de ses aventures. Dénoncés et arrêtés par la police berlinoise, emprisonnés (à la fin du tome 1 de la Perspective Luigi), les Lulus sont internés au camp de détention de Holzminden, où partagent leur sort avec de nombreux prisonniers de guerre et de droit commun, mais aussi avec quelques notables, “otages” pris par les Allemands pour des échanges de prisonniers, tous placés sous l’autorité du présompteux Onésime Decombray. Si la situation matérielle des enfants n’est pas catastrophique, ceux-ci songent à s’évader. Pour cela, ils vont imaginer un plan particulièrement surprenant.

    C’est de nouveau d’Amiens, et plus particulièrement des hortillonnages, superbement restitués par Damien Cuvillier dans leur configuration de l’entre-deux guerres, que l’histoire est encore évoquée. Et si ce deuxième tome se situe exclusivement au sein du camp de prisonniers, il ne manque pas de dynamisme ni de rebondissements. Cette unité de lieu permet aussi de s’attacher à certains personnages secondaires comme le revêche Joseph ou Madame Tulleaux, la Picarde par qui le journaliste est entré en contact avec Luigi. Et Damien Cuvillier se coule, avec une impressionnante proximité, avec le style d’Hardoc. Quant au moyen choisi par les Lulus pour s’enfuir, il est digne de La Grande évasion. Un diptyque qui remplit donc consciencieusement et brillamment le mystère entretenu jusqu’ici et permet de clore totalement cette “guerre des Lulus”… Et entamer la suite.

    Lucien retourne dans son orphelinat

    Pré-publié, en avant-première dans le Courrier picard cet été, le tome 6 de la Guerre des Lulus débute en novembre 2018 et se focalise, dans ce premier tome du nouveau cycle, sur Lucien. Blessé au front et amputé de la jambe droite, il se remet de ses blessures dans un hôpital de Troyes. A une jolie infirmière compatissante, il raconte son enfance à l’orphelinat de Valencourt, en 1910. Comment la bande des Lulus s’est formée, comment ils ont dû se faire respecter face à la terreur de l’établissement, Octave, et sa bande de vauriens…

    Promu comme une “suite” à la Guerre des Lulus, ce deuxième cycle débute en fait par un long retour en arrière, jusqu’aux racines de la série. Après la suite chronologique, c’est désormais l’angle du personnage qui prime. Avec Lucien pour commencer.

    On apprendra ici les tragiques circonstances qui l’ont amené à l’orphelinat et sa première rencontre avec Luigi, Ludwig et Lucas, sur lesquels l’album distille aussi quelques informations. Dans une ambiance proche de La Guerre des Boutons, la seconde partie du récit se montre plus burlesque, avec la description de la vengeance des Lulus contre Oscar et sa bande.

    S’agissant du dessin, Hardoc, qui retrouve sa place après l’intermède de la Perspective Luigi, parvient bien à jongler sur les deux époques – 1910 et 1919 – quant au vieillissement relatif de son personnage principal et de ses camarades. Et ce premier album s’achève sur une note doublement émouvante. Et une belle incitation à poursuivre l’aventure, avec Luigi cette fois (dont ce tome 1 propose les deux premières pages en “teasing”). La “guerre” est finie pour les Lulus, mais son souvenir et ses conséquences sont encore susceptibles de susciter de beaux moments.

    Régis Hautière et Hardoc en dédicaces à la librairie Bulle en stock d'Amiens, samedi 7 décembre de 14h30 à 18h30. Inscriptions à prendre le matin auprès de la librairie.
    Et en dédicaces à la librairie du Labyrinthe d'Amiens, mercredi 13 décembre de 16 à 19 heures.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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