C’est aujourd’hui qu’on aime Isabelle Samain avec François Morel et Pascal Rabaté

    C’est aujourd’hui que je vous aime, François Morel (scénario), Pascal Rabaté (dessin). Editions des Arènes, 72 pages, 18 euros.

    François a 14 ans et ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie. Son rêve et son problème a un même nom : Isabelle Samain. Son amour secret, dont il conserve précieusement une mèche de cheveux, une socquette égarée, une photo découpée dans le journal local ou un crayon mordillé. Et cet amour le porte pour aller se précipiter, en pantoufles jusqu’à l’arrêt de bus pour y respirer son odeur et son parfum alors qu’elle vient de monter dans le bus. Mais si on est prêt à tout pour retrouver l’être aimé, jusqu’à se mettre au tennis ou à la piscine, il est bien plus dur d’avouer ses sentiments. Et on risque de se faire doubler par l’affreux Goulard et sa mobylette bleue.
    Alors, entre deux blagues téléphoniques à la bouchère du coin, il reste à aller “voir les putes” comme lui conseille un copain, ou partir en virée en Angleterre. Et peut être qu’à la rentrée, tout aura changé…

    C’est une plongée dans ses années Giscard que propose le comédien (et chroniqueur émérite sur France Inter) François Morel dans un album qui est aussi sa première incursion en bande dessinée.
    Et derrière la chronique en partie autobiographique, c’est un récit assez universel. Chacun a dû avoir son Isabelle Samain, être idéal devant lequel tous les petits hommes, timides et maladroits, ont fantasmé, ont rougi, se sont imaginés une grande histoire d’amour depuis leur chambre d’ado… Tout en devant gérer des pulsions sexuelles plus tripales.

    François Morel avait raconté ça, de façon malicieuse dans un récit “parfaitement inadaptable en bande dessinée“. En toute logique donc, il l’a proposé à Pascal Rabaté, qui en réussit ici une très jolie illustration, pleine de légèreté, de fraîcheur et avec de belles idées graphiques, comme ces doubles imaginaires colorés qui accompagne le jeune héros dans tous ses mouvements. Un beau récit, juste nostalgique comme il le faut et d’une tendresse très communicative. 

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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