Chienne de guerre pour les Tuniques bleues

    Les Tuniques bleues, t.62 : Sallie, Raoul Cauvin (scénario), Willy Lambil (dessin). Editions Dupuis, 48 pages, 10,95 euros.

    Ce soixante-deuxième album des Tuniques bleues met en lumière les liens entre les hommes et les animaux durant le conflit. Des chevaux, bien sûr – et plus particulièrement Arabesque, la jument du caporal Blutch – figures habituelles des aventures des deux héros unionistes. Mais aussi… une poule, devenue un temps l’animal de compagnie favori du général sudiste Lee et un chien. Ou, plus précisément une chienne, Sallie. Celle-ci arrive au campement du 22e de Cavalerie avec des renforts du 11e régiment d’infanterie dépêchés depuis la Pennsylvanie.
    Et la petite chienne, qui a la particularité de ne pas sentir les confédérés, va accompagner Chesterfield et Blutch dans la nouvelle mission que le sergent a encore accepté. Cette-fois, il s’agit d’aller capturer un soldat ennemi, afin de lui faire avouer – sous la torture, s’il le faut – le dispositif de défense de Lee, à la veille d’une offensive qui s’annonce meurtrière. Mais outre de voir réapparaître une vieille connaissance de nos Tuniques bleues, cette mission aura des conséquences imprévues. Et passablement tragiques.

    Pour une fois, ce n’est donc pas Arabesque qui est l’animal-vedette de l’épisode (et, à vrai dire, le cheval révèle plutôt ici un foutu caractère), mais cette courageuse petite chienne, inspirée d’une statue de Gettysburg où figure un chien sculpté à côté d’un soldat du 11e Régiment d’infanterie. Ceux qui s’émeuvent du sort des animaux à l’écran ne devraient donc pas être insensibles à cet épisode, plutôt rondement mené. Et surtout à sa conclusion. Et cela bien que Willy Lambil ne semble pas maîtriser aussi finement la morphologie canine qu’équestre. Mais, mis à part cette difficulté, le dessinateur assure comme toujours impeccablement la restitution de l’univers de la Guerre de sécession.

    Pour le reste, ce nouveau tome reprend les grands traits habituels à la série: les chamailleries entre le sergent et le caporal, toujours prêt à se défiler, mais aussi l’évocation d’un Etat-major passablement incompétent et suffisant et à l’inverse une vision plutôt empathique du général Lee.
    Nourri d’anecdotes puisées dans l’immense documentation accumulée par Raoul Cauvin, cet opus 62 s’inscrit dans la dynamique retrouvée de l’épisode précédent. Et, comme lui, il se lit comme on prend des nouvelles de vieux amis, qui ne surprennent plus guère mais qu’on retrouve quand même avec plaisir.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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