Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes dans les années 70

    Communistes, Pascal Thivillon. Editions Glénat, 120 pages, 15 euros.

    Voilà un quart de siècle déjà, Jean-Jacques Zilbermann évoquait dans son film, largement autobiographique, la “chance d’avoir eu des parents communistes” dans les années cinquante. Pascal Thivillon a eu lui aussi une enfance heureuse dans une famille communiste. C’était dans les années 70, à Villeurbanne, dans la banlieue lyonnaise.
    Maman est d’une famille de communistes, Papa non, mais il a été gagné aux idées du Parti. Avec son frère aîné, ils partagent donc les engagements familiaux: nettoyage du local avant la réunion de cellule, manifestations, fête locale de l’Humanité, séances de porte-à-porte fatigantes avec Maman, collage nocturne pour “tenir les murs” avec Papa. Et soir de “fête” du 10 mai 1981. Victoire éphémère qui viendra en fait, paradoxalement ponctuer le début du crépuscule de la gauche. Tout cela est vu est raconté avec le regard naïf d’un enfant d’une dizaine d’année. Sans oublier un petit running gag, en forme de fil rouge (lui-aussi…) au sujet d’une blague soviétique sur la composition des sandwichs en Russie, dont Pascal n’arrive pas à obtenir la chute.

    Alors que la traditionnelle “Fête de l’Huma'” débute aujourd’hui, voici un album dans lequel beaucoup de ses participants pourront se reconnaître.
    Ni sarcastique, ni nostalgique – et sans masquer le dogmatisme et les fourvoiements politiques d’un parti qui peine encore à s’extraire de sa gangue stalinienne – Pascal Thivillon livre ici une chronique autobiographique pleine de tendresse et empreinte d’une certaine mélancolie. Moins pour la toute puissance du PCF de l’époque que pour cette fraternité des militants, ces “petits soldats du quotidien” à qui il rend joli petit hommage, qui a de quoi séduire largement au-delà des militants, par son humanité (sans jeu de mots) et son côté vécu. Il restitue cette ambiance à travers un dessin simple, tirant vers la caricature, et un traitement en bichromie ou les pages en noir et blanc sont régulièrement ponctuées d’un élément… en rouge, forcément.
    Ah, sinon, la dernière page livre enfin la chute de la blague sur les fameux sandwichs en URSS (“… un ticket de jambon entre deux tickets de pain…”

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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