Décès de Philippe Adamov

    Les éditions Glénat viennent d’annoncer la mort de Philippe Adamov. Le dessinateur notamment des Eaux de Mortelune avait 63 ans.

    Philippe Adamov, ici en 2010.

    Nous sommes aujourd’hui profondément attristés d’apprendre la mort d’un grand monsieur du 9e art, déplorent les Editions Glénat dans le communiqué diffusé ce mercredi 5 février, annonçant le décès du

    dessinateur Philippe Adamov, soulignant avoir eu la chance de l’accompagner au cours d’une longue et belle aventure humaine et créative.”

    Celle-ci avait débuté en 1985, avec Le Vent des Dieux, saga épique dans le Japon médiéval scénarisé par Patrick Cothias. Le directeur éditorial Glénat de l’époque, Henri Filippini (aujourd’hui historien de la bande dessinée et chroniqueur régulier dans le mensuel dBD), avait saisi le potentiel du jeune auteur dans les pages d’Okapi.

    Auparavant, comme il le notait avec humour dans sa biographie pour Glénat, Philippe Adamov avait découvert la bande dessinée dans une solderie à l’âge de 19 ans. Après des études “très écourtées” à l’École Estienne, il intègre les Studios René Laloux comme stagiaire décorateur, travaillant sur le film Gandahar dessiné par Caza et rencontrant aussi Moebius qui deviendra sa référence. Il monte ensuite à Paris, s’essaie à l’illustration SF puis travaille sur la série télé Ulysse 31. Et c’est donc en 1983 via une BD avec Xavier Seguin pour Okapi qu’il se fait remarquer par Glénat et entame une longue collaboration avec Cothias.

    Détail du dessin de couverture du tome 6 des Eaux de Mortelune.

    Après le Vent des Dieux, ce sera le lancement des Eaux de Mortelune, une grande saga de science-fiction post-apocalyptique. En 1992 il se lance en solo, toujours dans le registre de la SF, et toujours chez Glénat, avec Dayak, trilogie cyber-punk se déroulant, originalité, en Afrique.

    Puis viendra la rencontre avec Jean Dufaux et l’Impératrice Rouge, autour des luttes de pouvoir dans une Russie post-apocalyptique et post-soviétique décadente. Dans toutes ces séries, souligne son éditeur “il n’a cessé d’imposer à nos yeux la force esthétique et narrative de son trait“. Un style réaliste fin et précis.

    Plus tard, il collabora avec l’écrivain Jean-Christophe Grangé pour le diptyque parapsychologique La Malédiction de Zener (ed. Albin Michel), participa à une des adaptations en BD du Petit Prince (ed. Glénat), et retrouvera Jean Dufaux pour Dakota (ed. Glénat) et son évocation singulière des super-héros dans un futur proche froid et impersonnel.

    La générosité de son dessin réaliste, sa finesse et ses subtilités, concluent les éditions Glénat, étaient le miroir d’un homme pudique d’une grande gentillesse auquel nous souhaitons rendre hommage aujourd’hui en appelant tous ceux pour qui Philippe et son travail ont comptés à envoyer, à lui, sa famille et ses amis, les plus belles pensées.”

    Commentez ou exprimez-vous grâce aux emojis !
    0
    J'AIMEJ'AIME
    0
    J'ADOREJ'ADORE
    0
    HahaHaha
    0
    WOUAHWOUAH
    0
    SUPER !SUPER !
    0
    TRISTETRISTE
    0
    GrrrrGrrrr
    Merci !

    Tags:

    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

    • Voir les commentaires

    Your email address will not be published. Required fields are marked *

    comment *

    • name *

    • email *

    • website *

    Vous aimerez également peut-être

    Aurel est hardi

    C’est dur d’être de gauche, Aurel, préface de Renaud Dély, éditions Glénat, 144 pages, ...

    Timothé Le Boucher soigne son Patient 

    Le Patient, Timothé le Boucher. Editions Glénat, coll. 1000 feuilles, 296 pages, 25 euros. ...

    L’islam défantasmé de Norédine Allam

    Dialogue, tome 1, Norédine Allam. Editions Muslim show. 48 pages, 12 euros. Après le ...

    L’humour n’a pas d’âge avec les Seignors

    Les Seignors, tome 2: objectif l’urne, Richez et Sti (scénario), Juan (dessinateur). Editions Bamboo, ...

    Mary Jane survit à Jack l’Eventreur

    Mary Jane, Frank Le Gall (scénario), Damien Cuvillier (dessin). Editions Futuropolis, 88 pages, 18 ...

    Angoulême s’apprête à rugir de plaisir !

    Programmée du 24 au 27 janvier, la 46e édition du Festival international de la bande ...