Density, plus dure est la chute

    Density Tome 2, Lewis Trondheim et Walter, (scénario) Stan et Vince (dessin). Editions Delcourt, 112 pages, 15,50 euros.

    Depuis qu’elle a découvert ses pouvoirs surnaturels sur la matière conférés par un extraterrestre, Chloé, une jeune Française, en vacances aux Etats-Unis, ne tarde pas à voir quelle utilisation elle peut en faire. Accompagnée de son geek de frère, Gilles, et d’un activiste néo-gauchiste américain, Marco, rencontré dans la précédente aventure, elle prévoit de faire le casse du siècle, dans un grand casino Le Rio à Las Vegas. Car pour se prémunir d’une menace d’invasion d’extra-terrestres il faut de l’argent, beaucoup d’argent. Bien entendu tout ne se passera pas comme prévu. Chloé et son frère devront de nouveau franchir une série d’obstacles, entre lutter contre un gang de tueurs, armés jusqu’aux dents, se découvrir des capacités de téléportation et contrecarrer une attaque d’un martien aux mœurs belliqueuses voulant détruire l’Humanité…. Ce n’est décidément pas des vacances !

    Avec ce tome 2, Trondheim (Lapinot, Donjon, Infinity, etc.), au scénario et Stan et Vince (Metalfer, Now Futur Vortex..), au dessin, poursuivent dans la veine SF-comique entamée dans le premier opus.
    Héroïne malgré elle, et dotée de super-pouvoirs (engendrant de grandes responsabilités, comme on le sait…), Chloé accompagnée de son frère Gilles tentent de survivre à un époque de plus en plus anxiogène sur lequel la menace extraterrestre se concrétise. Dans cette ambiance de fin de monde, nos deux héros sont engagés dans une course folle contre-la montre, à un rythme effréné, comme dans une série américaine style 24h Chrono. Une référence loin d’être fortuite tant les clins d’oeil au cinéma de genre sont nombreux : entre Quentin Tarentino (Pulp Fiction, Reservoir dog…) pour la violence et l’humour noir et Roland Emmerich (Independence Day…) pour l’aspect apocalyptique avec débauche de moyens spéciaux.

    Dans ce deuxième volume (en attendant le troisième et dernier épisode), l’atmosphère générale est aussi un peu plus noire que dans le premier. Chloé se retrouve face à ses congénères qui n’ont rien à envier aux extraterrestres menaçant de les exterminer. Dans une courte scène, valant pour une débauche de violence hors du commun, elle règle son compte à un homme frappant sa femme, dans leur appartement. Une manière de parler des violences faites aux femmes dans la société contemporaine dans une référence bienvenue au mouvement #Metoo.
    Tout cela tient surtout avec l’esprit dérisoire du créateur de Lapinot, expert dans l’art du contre-pied humoristique, permettant d’apporter de l’absurdité à chaque situation même les plus dures. Le découpage graphique (six cases maximum par page alternant avec dessin pleine page) dynamise le récit, notamment lors des scènes d’action pouvant se dérouler sur plusieurs pages.

    Pratiquant un dessin très proche des Comics US, Stan et Vince donnent chair à leurs personnages, jouent sur les regards et expressions du visage, avec une mention spéciale pour Chloé, sorte de Tomb Raider frenchy, qui par rapport au premier album a pris de l’assurance, tant au niveau comportemental que physique. Elle peut même être sexy comme dans la scène du braquage où toutes proportions gardées, on retrouve un peu de Catherine Zeta Jones dans Haute Voltige. Mais c’est en Wonder Woman qu’elle est désormais attendue pour sauver le monde. Et pour cela, elle risque d’avoir du boulot dans le troisième tome, attendu avec impatience.

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    • Journaliste depuis près de 20 ans, dans différents titres de la presse locale, tombé dans la marmite des bulles, quand il était petit, en découvrant Snoopy puis les aventures d'un naufragé du A, des Tuniques bleues ou encore d'un Gentilhomme de fortune accompagné d'un célèbre révolutionnaire russe. Toujours passionné de BD, a collaboré à l'éphémère magazine BachiBouzouk, écrit un mémoire sur "L'Association" en 1999 sous la direction de Pierre Christin (IUT de journalisme de Bordeaux) puis aujourd'hui chroniqueur à Bulles Picardes.

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