Une soirée très spirituelle avec Marc-Antoine Mathieu à Amiens

    Belle soirée, encore, que cette rencontre des Bulles du lundi, hier soir, à la bibliothèque Louis-Aragon d’Amiens.

    Marc-Antoine Mathieu avec Pascal Mériaux. Et, au centre, la bulle (de la bd)
    Marc-Antoine Mathieu avec Pascal Mériaux. Et, au centre, la bulle (de la bd)

    Deux heures avec Marc-Antoine Mathieu, fort bien relancé par Pascal Mériaux, directeur de l’association On a marché sur la bulle, qui ont permis de revenir sur son travail (assez exceptionnel) pour l’affiche des Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens, d’évoquer longuement son oeuvre, depuis… l’Origine et de parler aussi de son autre activité de scénographe au sein de l’atelier Lucie Lom. Et de faire un lien entre les deux avec la prochaine exposition monumentale à Saint-Nazaire, qu’il a adapté lui-même de son dernier album, le très graphique Sens. Une soirée évoquée également par ma consoeur Gaëlle Martin dans le Courrier picard à paraître ce mercredi…

    Si c’est la découverte des oeuvres de Fred, de Winsor McCay (il n’aura échappé à personne que Julius Corentin Acquefacques tombe lui aussi systématiquement de son lit, comme Little Nemo) et Francis Masse qui ont révélé à Marc-Antoine Mathieu que la bande dessinée pouvait être “une vraie nourriture spirituelle et pas seulement un simple divertissement“, cette soirée a permis aussi aux spectateurs de se nourrir des réflexions d’un auteur également très spirituel, dans ses rêveries absurdes à l ‘humour kafkaïen (il n’aura échappé à personne que, prononcé, Acquefacques devient “akfak”, parfait anagramme de l’auteur tchèque).

    Et Dieu dans tout ça ?
    Et Dieu dans tout ça ?

    Un auteur qui, avec simplicité, a évoqué sa méthode de travail, partant plus d’une idée avant de se créer des contraintes graphiques et/ou techniques, qui dépassent les limites habituelles de l’album BD, en créant une “anti-case” dans l’Origine (et son décalage temporel), une spirale plongeant un personnage hors de son histoire (dans le Processus), intégrant une partie en 3D pour projeter le héros là encore hors de son univers (dans la 2,333… dimension), en réalisant un double album “reflet” (Le début de la fin/La fin du début) voire en décalant tout dans le dernier épisode des aventures de Julius (Le Décalage). Ou qui dépassent ses codes habituelles, en faisant arriver ainsi la couleur à la fin de la Qu…. A côté de ses rêveries que l’on jugera ou pas métaphysiques ou seulement ludiques – ou plus ou moins des deux – Marc-Antoine Mathieu a aussi livré d’autres albums plus “classiques”, répondant brillamment à la commande du Louvre avec Les sous-sols du révolu, où la contrainte se fait alors textuelle (multipliant de façon jubilatoire les anagrammes sur le nom du musée parisien), ou Le dessin, réflexion sur l’art, la transmission et prélude, quelque part à son projet bi-média 3 secondes, avec, déjà, une plongée infinie au coeur d’une image.

    On retrouvera, à la fin du mois Marc-Antoine, dans un plus long entretien, qu’il a eu la gentillesse de nous accorder, pour le cahier spécial que consacrera le Courrier picard aux 20e Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens.

     

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

    • Voir les commentaires

    • pierre

      Si on pouvait arrêter avec cette mode du “assez”. Ca ne rend pas votre discours plus chic, vous savez.
      “Assez exceptionnel”. Eh bien non. Soit c’est exceptionnel, soit ça ne l’est pas. Diriez-vous que c’est “un peu unique ” ?

      Ce (petit) coup de gueule passé, félicitations pour votre association, qui abat un travail assez, hum, pardon, VRAIMENT formidable.

      • Daniel Muraz

        Assez d’accord (oups !) avec vous. Et on transmet à l’association On a marché sur la bulle

    • pierre

      😉

    • pierre

      😉

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