Angoulême, vraiment international

    Willem, le dessinateur de Libération et Christophe Blain, pour Quai d’Orsay, sont les deux grands lauréats du 40e Festival d’Angoulême.

    Polémique médiatique avant le Festival et polémique médiatique pour finir, avec l’AFP qui casse l’embargo et donne le résultat une demi-heure avant la cérémonie de clôture.
    Mais l’important, pour une édition qui aurait égalé sa fréquentation, est un palmarès assez légitime dans ses choix. Et, entre un Grand prix hollandais, un Grand prix spécial japonais plus un meilleur album qui traite de diplomatie et d’affaires étrangères, Angoulême affiche clairement son statut de festival… international.

    AngouWillem

    Surtout connu pour ses dessins de presse (Libération, Charlie Hebdo), Willem est donc le nouveau Grand Prix d’Angoulême, élu selon les nouvelles modalités “démocratisées” de cette édition.  Un résultat qui honore encore une fois un dessinateur. Et un grand dessinateur, incontestablement. Néerlandais vivant et produisant en France depuis la fin des années 60, il aura été de l’épopée Hara-Kiri et Charlie mensuel (dont il fut un temps rédac chef), puis il illustra l’actualité, avec une singularité et une férocité jamais démentie, dans Libération dès 1981. Et retrouva Charlie Hebdo (deuxième époque) dès 1991. Entre autres multiples collaborations pour des revues ou des illustrations. Dessinateur satirique plus qu’auteur de BD au sens strict, il a derrière lui néanmoins pas mal d’albums. De recueils de dessins ou de ses strips – souvent hallucinants. Cette élection fut sans trop de surprise non plus (au-delà du dévoilement par l’AFP). Quelques heures avant son dévoilement, ainsi, Lewis Trondheim ironisait sur tweeter en notant que “la majorité de l’académie atteint son seuil de compétence en élisant le seul auteur connu (excellent néanmoins) par elle… Les quatre autres finalistes étant l’Américain Chris Ware, les Japonais Katsuhiro Otomo et Akira Toriyama et le scénariste anglais Alan Moore…

    En parallèle, pour ce jubilé, le Festival a remis un “Prix spécial 40e anniversaire” à Akira Toriyama, qui n’est pas le créateur d’Akira, mais celui notamment de Dragon Ball Z.

    Des affaires de moins en moins étrangères

    Côté palmarès des albums,  après un Grand prix 2011 plutôt “arty” indépendant  (et, pour notre part, avouons-le, moyennement convaincant), le Festival poursuit sur sa lignée de l’an passé, honorant un auteur déjà réputé et une oeuvre en phase avec le monde contemporain… et singulièrement le Moyen-Orient. Et donc, après Guy Delisle et son journal de Jérusalem l’an passé, voici le best-seller de Christophe Blain, Quai d’Orsay. pour son deuxième opus.

    Prix du meilleur album : un Quai en or pour Christophe Blain

    Avec cette consécration pour Quai d’Orsay, tome 2, Christophe Blain rejoint Baru parmi les auteurs ayant reçu deux prix du meilleur album à Angoulême (il avait déjà eu  le prix du premier album avec Isaac le pirate). Cette chronique vertigineuse de la vie trépidante au ministère des affaires étrangères mérite en tout cas ce nouveau coup de chapeau. On aura aussi appris, sur la scène du Festival que le scénariste, Abel Lanzac se nommait en fait Antonin !

     

    Prix spécial du jury a Nao de Brown

    C’est une oeuvre originale et exigeante qui est mise en lumière. Le dessinateur britannique Glyn Dillon racontant ici l’existence quotidienne d’une illustratrice anglaise d’origine japonaise sujette à des troubles obsessionnels compulsifs.

     

     

     

    Prix du Public / Cultura  pas si bête

    Le Prix du Public Cultura est revenu à Tu mourras moins bête“, T2, de Marion Montaigne (Ankama), pour son travail de vulgarisation scientifique réalisé par l’entremise de son “professeur Moustache. A noter que l’éditeur lillois Ankama se trouve par là-même lui aussi sur le podium.

     

     

     

    Prix (vraiment) du Patrimoine à Krazy Kat

    Assez incontestable, la remise du prix du patrimoine à Krazy Cat, de Georges Herrimann, précurseur dans les années 1920 des comics US et dont Les éditions Les Rêveurs entreprennent la ré-édition.

     

     

     

     

    Prix de la série non sans Aâma

    Série ambitieuse, incontestablement. Et non sans originalité, le space opera intimiste de Frederik Peeters avait déjà été consacré, cet automne, album BD de l’année par le Point. Le second album maintient le niveau (haut), même s’il paraît plafonner un peu… et s’il est toujours difficile d’avoir une claire vision d’une série en cours (surtout à son deuxième tome). Sympathique en tout cas d’honorer,  à travers Aâma, un genre, la science fiction, un peu délaissé dans la BD ces derniers temps.

     

    Prix de la révélation pour les bonnes feuilles d’Automne

    Adoubé par Chris Ware, l’Anglais John Mc Naught a tout, en effet, avec cet album intimiste sur la vie quotidienne d’une petite ville, de la révélation d’un nouveau talent.

     

     

     

    Et aussi…

    Fauve du Polar

    Castilla Drive (Actes Sud/L’An 2) d’Anthony Pastor

    Fauve Jeunesse

    Les Légendaires Origines, Tome 1 (Delcourt) de Sobral et Nadou.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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