“Les voyages d’Ulysse”, Le beau choix de l’ACBD pour son album 2017

    L’ACBD a aussi dévoilé aujourd’hui, son Grand Prix 2017 de l’album de l’année. Il revient aux Voyages d’Ulysse, d’Emmanuel Lepage et Sophie Michel (éditions Daniel Maghen).

    logo-acbdTout à la joie picarde d’annoncer la remise du 1er prix ACBD-Jeunesse à une production des éditions de la Gouttière, on en viendrait presque à oublier qu’un autre prix, prestigieux, était dévoilé ce jour par l’Association des critiques et journalistes de bande dessinée : son traditionnel Grand prix de l’album de l’année.

    Succédant à Zaï, Zaï, Zaï, Zaï, c’est aussi un “road-trip” qui est récompensé cette année. Mais dans un tout autre genre. Au minimalisme humoristique de Fabcaro succède donc la beauté virtuose et romantique des Voyages d’Ulysse d’Emmanuel Lepage, Sophie Michel et René Follet (illustre dessinateur réaliste dont des planches sont au coeur du récit de l’album)…

    voyages-dulysse_couvDans ces « Voyages d’Ulysse », donc, Emmanuel Lepage, 50 ans, revisite indirectement L’Odyssée d’Homère à travers l’existence tumultueuse d’une jeune femme de la fin du XIXe siècle. Native de Santorin dans les Cyclades, Salomé a vu son enfance rythmée par les péripéties d’Ulysse, racontées inlassablement par sa mère. Cette dernière, solaire, a particulièrement inspiré un peintre, Ammôn Kasacz. Quelque temps après la mort accidentelle de sa génitrice, l’adolescente fugue, et apprend à ses dépens la dureté du monde. Entière et déterminée, elle deviendra capitaine d’un navire et ira de ville en île sur les traces de Kasacz.

    Le communiqué de l’ACBD note qu'”Avec la collaboration, au scénario, de Sophie Michel, Emmanuel  Lepage signe une épopée poétique, où s’exprime pleinement son trait à la fois léché et vif. Il réussit des scènes maritimes magnifiques, mêlant avec art vagues, voiles, mouettes et ciels. Ciselés, ses textes ont pour écrins des cases aux coloris élégants et évocateurs. Il n’hésite pas à insérer, ici ou là, des extraits de « L’Odyssée »
    imprimés sur du papier calque.” Autre originalité, pour figurer les tableaux du peintre Ammôn Kasacz, Lepage a fait appel  aux talents de René Follet : ce dernier lui a permis d’utiliser ses dessins parus dans « Les Grecs » en 1971 (Dupuis), des esquisses inédites d’un de ses carnets de 1968, et a réalisé de nouvelles illustrations pour les besoins de ce livre — conçu graphiquement par Vincent Odin.

    S’étant fait connaître notamment par sa série Névé, La Terre sans mal ou Muchacho, Emmanuel Lepage s’illustre dans une veine plus documentaire, avec Voyage aux îles de la Désolation, Un printemps à Tchernobyl et La Lune est blanche, chez Futuropolis.

    On revient plus en détail sur ces Voyages très prochainement. Et à noter que l’album fera aussi l’objet de la chronique BD hebdomadaire de Jean-Christophe Ogier, ce dimanche sur France Info.

    Rappelons que le Grand Prix de la Critique ACBD a pour ambition de “soutenir et mettre en valeur, dans un esprit de découverte, un livre de bande dessinée, publié en langue française, à forte exigence narrative et graphique, marquant par sa puissance, son originalité, la nouveauté de son propos ou des moyens que l’auteur y déploie”.

    Le prix sera remis à Emmanuel Lepage lors du prochain festival d’Angoulême, fin janvier 2017.

     

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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    • Pr S. Feye

      On trouve un remarquable commentaire de la nekuia d’Homère dans: Emmanuel d’Hooghvorst, “Le Fil de Pénélope” (Beya Editions) pp. 73 et ss. Je ne sais si cela est susceptible de compléter l’article.

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