Un week-end au frais à la Halle Freyssinet d’Amiens avec Bjorn le morphir

    Parmi les expos visibles ce week-end à la Halle Freyssinet, dans le cadre du prolongement des Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens, celle sur “Bjorn le morphir” propose une vraie immersion ludique dans l’univers d’une série, elle aussi, très immersive.

    Bjorn to be wild, l’expo sauvage

    Un «morphir» – pour qui l’ignorerait – est une personne quelconque qui brusquement se découvre des pouvoirs invincibles. C’est ce qui arrive à Bjorn, un jeune viking dans la saga qui porte son nom. Une saga qui, elle aussi, s’est transformée.
    Apparu en 2002 en tant que roman jeunesse signé Thomas Lavachery, Bjorn le morphir devient une série de bande dessinée dès 2009 chez Casterman, puis dans une version rééditée en plus grand format chez Rue de Sèvres à partir de 2015. Mais l’adaptation est toujours co-scénarisée par son auteur, Thomas Lavachery. Le dessin ayant été confié à Thomas Gilbert. Le septième et dernier album de la série est paru en ce printemps 2018.
    C’est bien sûr cette deuxième version qui fait l’objet aux Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens d’une très jolie expo restituant en volumes cinq ambiances de l’histoire. De l’histoire ou plutôt des histoires, car le récit va aller de rebondissements en rebondissements, dans une ambiance d’héroïc-fantasy mythologique et guerrière.

    Une saga fantastique du grand nord à l’orient

    Tout commence durant l’hiver 1065, lorsque la neige s’en prend aux vikings du Fizzland. Bjorn et sa famille, dirigé par le grand guerrier Erik, s’enferment dans leur maison pour de longs mois. Alors que la situation devient critique, le timide jeune homme va se métamorphoser en un combattant redoutable, qui va parvenir à sauver ses proches. Au final, il se sera aussi trouvé une fiancée, Sigrid, et son exploit sera parvenu jusqu’au roi Harald. Après ce premier acte de bravoure, qui n’est en fait que le prélude à la «vraie aventure» du premier cycle, Bjorn va se voir confier par le roi la tâche d’aller chercher son fils… jusqu’aux enfers. Celui-ci ayant été sacrifiée à la reine des lieux, la terrifiante Mamafidjar. Avec ses amis Ketill, le brave guerrier aux cheveux rouges, Svartog le sage et sa fiancée Sigrid, bientôt accompagnés d’un jeune dragon, Daphnir,  et d’un corbeau qui parle, Hughinn, Bjorn va donc traverser différents étages regorgeant de créatures bizarroïdes: infernautes, âmes maudites et autres.
    Après bien des difficultés, ils parviendront au bout de leur quête. Un nouvel exploit qui vaudra une nouvelle reconnaissance à Bjorn, qui prend la tête des armées du Fizzland… alors que le royaume est menacés par les royaumes voisins. Malgré une première brillante victoire, il n’empêchera pas l’invasion de son pays et se retrouvera condamné à fuir jusqu’en orient. Occasion de nouvelles aventures trépidantes.

    Le rythme du récit se maintient en effet à vive allure – trop parfois, peut-être. Néanmoins, la réussite de cette série est de rendre d’entrée attachants ses personnages, malgré l’absence de phase d’exposition. Et derrière le contexte “de genre”, c’est avant tout une histoire d’amitié et d’amour qui est contée ici. Agréable à suivre aussi par l’imagination déployée par Thomas Lavachery dans la création de son bestiaire fantastique, Bjorn le morphir ne manque pas non plus d’éléments historiques évoquant le XIe siècle en Scandinavie. Un intelligent mélange donc pour donner naissance à un univers historique plein de «fantaisie».

    Une expo à la hauteur de l’univers de la série

    Pour restituer cet univers connoté mais fantaisiste, l’exposition réalisée pour ces 23e Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens par Timothée Boucher (salarié d’On a marché sur la bulle) et plusieurs bénévoles fait dans le monumental. S’extrayant des “vagues” qui occupent l’espace de la Halle Freyssinet, ils ont conçu un parcours en six étapes. On entre d’abord dans la pièce commune de la maison familiale de Bjorn, avec table en bois massif, cheminée et boucliers. A côté, le trône – non pas de fer mais celui du Fizzland. De l’autre côté de la pièce, on entre dans la saga, dans une restitution de la tempête de neige du début, puis passage dans les enfers (avec de jolies statues “d’infernautes”), puis c’est la forêt de Rudolf et enfin une salle illustrant les batailles… sans oublier le dragon !

    A chaque fois, des planches originales permettent d’apprécier le travail de Thomas Gilbert et son trait jeté, faisant songer un peu à Jon Sfar. Mais l’expo présente aussi quelques dessins originaux de Thomas Lavachery, ayant servi pour l’illustration du roman jeunesse.
    Et pour ceux qui ne connaissent pas la série, tous les albums sont disponibles à la lecture dans la première salle.

    Dans le couloir des “enfers”. (photo Vincent Hequet)
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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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