Les Lulus au bout de leur guerre

    La Guerre des Lulus, tome 5: Le der des ders, Hautière (scénario), Hardoc (dessin), 64 p., 13,95 €.

    Pré-publié cet été dans Le Courrier picard, Le tome 5 de La Guerre des Lulus sort en album ce 15 novembre. Mettant un point (pas totalement final) aux aventures de ces quatre orphelins bousculés par la Grande Guerre.

    Apres cinq ans de conflit, la guerre, justement, s’est imposée dans la vie de tous en cette année 1918. Et l’insouciance des jeunes « Lulus » s’est totalement évaporée. Une fois achevée leur virée belge, l’an passé, le retour en France des quatre jeunes héros s’est fait dans la douleur. On les retrouve ainsi au début de ce cinquième tome, et au début de 1918, enfermés dans une cave des Ardennes. Retenus dans un grand pavillon de chasse d’un comte qui va s’avérer faire partie d’un réseau de résistance. et les Lulus vont être contraints d’y participer.
    Luigi et Lucas, les deux plus âgés sont envoyés à Sedan travailler dans le palais du Kronprinz. Ludwig et Lucien, eux, sont retenus en otages afin que leurs deux amis remplissent bien leur rôle d’espions. Mais les choses vont vite se gâter. Démasqués, Luigi et Lucas sont envoyés en régiment disciplinaire de soutien, au front. Ce front qu’ils se sont employés à éviter depuis quatre ans. Quand aux deux plus jeunes, ils sont exfiltrés vers la Belgique où ils vont retrouver, pour leur malheur, Léandre, le garçon malfaisant déjà croisé au tome 4. Aucun ne sortira indemnes de cette guerre.

    Cette Guerre des Lulus se densifie et se durcit d’album en album. En même temps que les enfants grandissent, devenant même ici de jeunes adultes pour les aînés de la bande.
    C’est encore le cas cette fois, avec un récit qui pour la première fois se dédouble, tandis que le groupe est contraint à la séparation. Autre aspect inédit dans la série : pour la première fois les auteurs se confrontent à la représentation des tranchées et de la guerre dans son aspect le plus frontal (après deux planches, il est vrai, déjà très évocatrices, des cauchemars de Hans, dans le tome 2).
    Hardoc et Hautière y consacrent juste quelques pages, sans insister sur l’horreur de la guerre, mais où celle-ci s’impose avec une sorte de pudeur, à travers un corps enseveli.

    Après cinq albums qui avaient bien posé et accompagné les personnages, leurs relations et leur évolution, la série paraît s’achever de façon très abrupte à la fin de cet album. Signe, déjà, qu’on serait bien restés un peu plus longtemps avec ces Lulus. Mais, de fait, on va vite les retrouver.
    Tout d’abord, très prochainement dans la revue de bande dessinée picarde Pierre Papier Chicon avec un récit inédit de 16 pages. Ensuite avec La Perspective Luigi, qui contera leur année en Allemagne entre 1916 et 1917 (pour l’instant laissées dans l’ombre). Prévue en diptyque, cet épisode paraîtra en 2018, au printemps et à l’automne, mais dessinés cette fois par un autre talentueux auteur picard, Damien Cuvillier.
    Enfin, un deuxième cycle de cinq tomes est déjà annoncé, qui s’attardera sur chaque enfant (plus la jeune belge Lucie) à travers des flash-back sur leur enfance mais aussi des projections sur les années d’après-guerre. Bref, les Lulus vont nous accompagner encore un petit moment.

    Pour ceux qui seraient intéressés à en savoir plus sur la série et ses auteurs, France 3 Picardie propose ce mercredi, à l’occasion de la sortie de ce tome 5, un reportage signé Stanislas Madej et Laurent Pénichou. A voir dans le JT de 12/13 heures et dans le 19/20.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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