Hip Hop family tree, l’histoire continue

    Hip Hop family tree, volume 3 : 1983-1984, Ed Piskor. Editions Papa Guédé, 112 pages, 26 euros.

    L’histoire n’est pas prête de finir pour la sympathique maison d’édition Papa Guédé qui publie le volume 3 de la série Hip hop family tree, consacré cette fois, aux années 1982 et 1983 (après avoir abordé la genèse du mouvement dans le tome 1 puis les années charnière 1981-1983 dans le tome 2).

    Comic-book tout en couleurs de l’auteur américain Ed Piskor, cette bande dessinée constitue à elle-seule une véritable encyclopédie du hip-hop. Dans ce troisième opus (sélectionné pour le Fauve d’or lors du dernier Festival d’Angoulême), on fait connaissance avec de nouveaux groupes de rap qui ont marqué toute une génération tel les Beastie Boys qui passent ici du punk au rap. « Le premier groupe de hip-hop blanc » dont on apprend qu’à ses débuts, il comptait une femme, la batteuse Kate Schellenback, finalement écartée par machisme… « Le rap, c’est pas pour les nanas », assénait à l’époque le producteur Rick Rubin, pas vraiment visionnaire sur ce coup. Une anecdote croustillante comme ce jour où les Fat Boys (ex-Disco Three) ont vidé les cuisines d’un grand hôtel de Zurich. Jamais ce groupe culte, composé de Kool Rock-Ski, Prince Markie Dee et Big Buff, n’avait aussi bien porté son nom !

    Extrêmement documenté (et parfois peu digeste, il faut l’avouer), ce troisième tome nous est un peu plus familier que les deux autres qui s’intéressaient aux pionniers du hip-hop, pas franchement connus du grand public. LL Cool J, Beastie Boys, KRS-One et Run-DMC nous parlent un peu plus. Des repères du rap américain partis, pour la plupart, de très bas avant de conquérir les charts américains à coups  de concerts.

    Comme les deux premiers albums, on retrouve à la fin de l’album une galerie de portraits couchés sur un papier au grain de qualité avec notamment un beau croquis de Jay Z par Jim Rugg.  La bande dessinée propose d’autres rubriques traditionnelles : une bibliographie, un « funky » index et surtout une discographie « old school » dont la playlist est à écouter ici.

    Pédagogie, humour…, la recette concoctée par Ed Piskor fonctionne toujours aussi bien pour nous faire (re)découvrir ces artistes et cette culture musicale. C’est le cas pour KRS-One, ex-jeune taulard qui vécut dans un foyer d’hébergement avant de connaître la gloire. Mais ça, c’est pour le tome 4 dont la sortie est prévue cette année.

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