Il était une fois les Traces de la Grande Guerre à l’Historial de Péronne

    L’Historial de la Grande Guerre de Péronne prolonge l’aventure de Traces de la Grande Guerre. Avec une expo présente pendant un an. Pour se souvenir et réfléchir.

    L’affiche signée Efa

    L’album Traces de la Grande Guerre avait été un des événements marquants, en matière de bande dessinée, pour la clôture du centenaire de la Première Guerre mondiale, l’an passé. Une quarantaine d’auteurs venus d’une douzaine de pays réunis par l’association On a marché sur la bulle pour des histoires courtes non pas sur 14-18 mais sur le souvenir qu’il en reste.

    Cette réflexion se prolonge aujourd’hui – et pour un an – à l’Historial de la Grande Guerre à Péronne avec Il était une fois, une exposition mettant en relation certaines histoires de l’album et des objets de la collection du musée mais aussi de collections extérieures (ainsi des objets du Capitaine Duprez, prêtés par la famille pour illustrer le récit de Riff Reb’s). Un nouveau regard sur ces traces et ce souvenir qui se double d’une forme de boucle rétrospective entre le neuvième art et la bande dessinée, puisque cette expo a été conçue par Vincent Marie, historien spécialiste de la bande dessinée à qui l’on doit d’avoir fait entrer la bande dessinée à l’Historial voilà dix ans avec une expo Tardi puis une expo collective sur 14-18 et la bande dessinée. Et à l’époque la responsable de la muséographie n’était autre que l’autre commissaire d’Il était une fois, Marie-Luz Ceva.

    Une ambiance tamisée, propice à la réflexion.

    Ce retour s’effectue à travers une exposition qui incite à la méditation par une scénographie épurée (réalisée par Scénorama et Grande Guerre et coordonnée par Marie Delamaere, chargée de la muséographie à l’Historial). Plongé dans une lumière tamisée, le visiteur marchant sur du gazon, reflétant symboliquement la butte de Vauquois (au coeur de l’histoire courte de Maël qui sert d’introduction à l’expo). Sauf qu’ici, les paysages mutilés et vallonnés deviennent des banquettes incitant à la lecture ou à la vision de vidéos (dont l’excellent film de Vincent Marie Là où poussent les coquelicots – également en vente à la boutique de l’Historial). Et au vert du sol répondent des murs blancs parsemés d’éclats noirs. Un design réussi qui invite à se pencher sur les diverses étapes du parcours. Et ce, d’autant plus, que les scénographes ont eu la bonne idée de placer un album sur chaque vitrine, permettant ainsi un retour immédiat entre le récit et les objets qui y font référence.

    Marie-Luz Ceva-Mériaux, à gauche, l’une des commissaires de l’expo.

    Les dix-neuf histoire courtes de Traces de la Grande Guerre sont présentes ici, remises en perspectives et réunies selon trois séquences successives: l’omniprésence de la guerre, puis la mémoire traumatique de ceux qui y ont survécu, enfin l’oubli et l’effacement des traces. Et ce triple questionnement renvoie à cette phrase de Michel Serres, évoquée par Marie-Luz Ceva lors de sa présentation durant le vernissage, ce lundi 3 juin: “La guerre, c’est la mémoire ; la paix, c’est l’oubli, mais trop d’oubli, c’est revenir à la guerre“…

    Le dispositif scénographique s’enrichit aussi de plusieurs spots interactifs et d’une plaquette à destination des familles. Mais avec aussi des liens à venir avec le site de Thiepval (où est exposée l’immense bande de Joe Sacco sur la Bataille de la Somme). Et l’exposition a déjà fait événement, pour son lancement, par la performance collective d’une dizaine d’auteurs de Traces de la Grande Guerre.

     

     

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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