Infection mortelle (ou pas)

    Infection, tome 1, Toru Oikawa. Editions Delcourt-Tonkam, 192 pages, 7,99 euros.

    Sendai (Japon), de nos jours. Un groupe de lycéens en plein émoi amoureux s’amusent à s’enfermer en couple dans la réserve du gymnase de leur établissement. Lorsque le tour du timide Haruki Amamiya et de la très entreprenante Kirara Isonami qui n’a pas froid aux yeux (ni aux fesses) arrive, personne ne vient les délivrer. Après plusieurs jours d’attente angoissante, ils parviennent à s’échapper. Mais le soulagement laisse place à l’horreur… Les morts reviennent à la vie et mordent les vivants pour les infecter. Voilà les deux ados confrontés à une épidémie « zombiesque » qui a frappé la ville isolée par le gouvernement. Heureusement, le couple découvre que leurs amis ont échappé aux zombies, non sans y avoir laissé quelques plumes et quelques morceaux de viande aussi. Pas forcément attirés l’un par l’autre, Haruki et Kirara se rapprochent par la force des choses, une histoire d’amour commence à se tisser au milieu des attaques sanglantes des zombies appelés les « porteurs » reconnaissables aux vers qui sortent de leurs orifices. En parallèle, le groupe d’amis tente de quitter la ville par tous les moyens. Une mission périlleuse alors qu’Haruki se met en tête de récupérer sa petite sœur Kaori réfugiée dans une école cernée par les morts-vivant…

    Connu pour le manga surnaturel Shin Sekai yori, Toru Oikawa livre ici sa quatrième série (sept tomes sont déjà sortis au Japon). Un survival-horror destiné à des lecteurs avertis compte tenu des scènes de violence et de nudité mais qui est aussi (et heureusement) bourré d’humour et d’autodérision.

    Si le scénario n’est pas franchement original – le thème des zombies ayant été largement traité (Highschool of the dead, Tokyo ghoul, I am a hero, etc.) – Infection s’avère être une lecture divertissante et plutôt riche en rebondissements avec la transformation en mort-vivant de personnages centraux au premier abord. On aimerait néanmoins en savoir plus sur les circonstances et l’origine de l’infection qui touche la ville et peut-être un peu moins sur les dessous que portent les personnages féminins.

    Dessinées à moitié-nu la plupart du temps, à l’image de Kirara qui prend un malin plaisir à évoluer en petite culotte, ces jeunes filles révèlent aussi une force de caractère insoupçonnée telle la pétillante Kaori. Parfois un peu trop stéréotypées, les illustrations d’Oikawa sont malgré tout de belle facture, soignées et richement détaillées. Et pas forcément hyper-gore comme on peut l’attendre pour ce type d’histoire, si vous êtes un peu trop sensible à la vue du sang et aux petits vers qui sortent des yeux (beurk).

     

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