Intraitable super-héros de la classe ouvrière

     Intraitable, tome 1 et tome 2, Choi Kyu-Sok. Editions Rue de l’Echiquier, 248 pages, 20 euros.

    Le malaise au travail, évoqué hier à travers deux albums, n’est pas réductible à la situation française. Exemple extrême oriental avec Intraitable, de Choi Kyu-Sok, considéré comme l’un des auteurs les plus brillants de la BD coréenne. Ici, c’est plutôt le volet de la résistance des salariés qui est au coeur de la série, avec son personnage, aussi emblématique que charismatique de Gu Go-Shin, à la tête d’une agence de conseil et de défense des travailleurs.

    Cet “intraitable” défenseur de la classe ouvrière va mettre son talent à l’oeuvre dans la grande distribution, afin de contrecarrer la stratégie d’une enseigne de grande distribution qui, afin de gonfler ses marges, entend faire démissionner ses salariés pour les remplacer par des intérimaires. Mais dans un des supermarchés, un des “managers”, ancien militaire idéaliste à la carrière brisée, Lee Soon-In refuse d’appliquer la consigne de la direction. Harcelé et placardisé, il s’engage alors dans la lutte pour le respect du droit du travail.

    Après s’être centré sur l’évolution personnelle de Lee Soon-In, dans le tome 1, le récit prend une dimension plus collective dans le tome 2, évoquant notamment les atermoiements et les pressions faites sur les salariés pour les faire se retirer de la section syndicale en train de se constituer.

    Exotique par certains aspects, très soigné dans la description des personnages et dans son dessin en noir et blanc réaliste et fin, Intraitable derrière son histoire fictive est aussi basé sur une anecdote historique. Cette lutte de salariés de supermarchés évoque en effet l’implantation ratée de Carrefour en Corée du sud au tournant des années 2000.

    Rythmant très bien son récit, Choi Kyu-Sok parvient à donner une dimension presque épique – et en tout cas universelle – à cette lutte syndicale et à son portrait de “working class hero”.

    Ayant fait l’objet d’une adaptation télévisuelle en Corée, ce manhwa est appelé à se poursuivre, dans sa version française, joliment éditée par Rue de l’Echiquier, dans un troisième tome prochainement.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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