Jack Cool, tome 2: Acide soit-il, Jack Manini (scénario), Olivier Mangin (dessin). Editions Grand Angle, 56 pages, 14,50 euros.

    Il s’en est passé des choses en six mois, depuis la fin du tome 1, alors qu’un jeune employé de Cadillac avait tout abandonné pour rejoindre la communauté des Merry Pranksters de Ken Kesey en Californie.
    En cet été 1967, désormais connu comme “Jésus-Gris”, il est devenu le chauffeur attitré du groupe, embarqué dans un road-movies psychédélique dans l’Ouest américain. Fuyant la pression de son beau-père, PDG de General motors qui le méprisait et le trauma de la guerre du Vietnam, Jésus-Gris se refuse en revanche à dévoiler le secret de sa main perpétuellement gantée.
    Pendant ce temps, le détective Jack Cool qui s’est introduit aussi chez les Pranksters est en passe de réussir sa double mission: retrouver “Jésus-Gris” à la demande de son ex-femme mais aussi la fille de Jayne Mansfield, elle aussi partie dans une communauté hippie. Mais l’actrice est sous l’influence d’un prêtre sataniste et sa fille embarquée dans une secte suicidaire. Et Jack Cool, qui connaît, lui, le secret de Jésus-Gris, va aussi être transformé par son enquête.

    En cette année 1967, le Summer of love hippie commence à noircir en Californie et le flower power perd ses pétales dans l’excès d’acide et la profusion d’illuminés. Un milieu dans lequel surnagent les héros de ce diptyque. Après un premier volume posant les personnages, ce deuxième volet s’inscrit au coeur de l’action, entre une manif contre la guerre au Vietnam, des gourous dangereux et un “secret” intime, dont la révélation s’avérera aussi barrée que le reste, mais dans un registre relevant cette fois plus des Freaks de Tod Browning que de ceux de Gilbert Shelton.

    Dans un tourbillon psychédélique, Manini et Mangin restituent bien cette ambiance survoltée et alternative. Avec un album très rythmé, porté par un dessin solaire et enlevé.
    Sans réels héros, ce diptyque met bien en avant en revanche toute une palette de personnages haut en couleur, s’amusant à enrober la réalité (l’accident mortel de Jayne Mansfield, l’activisme de Ken Kesey, l’auteur de Vol au dessus d’un nid de coucous) dans sa fiction déjantée. Un récit bien allumé donc plongeant dans la contre-culture américaine de la fin des 60′. Et l’épilogue donne même une petite postérité mythologique au détective. Un bon trip donc et une série bien cool.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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