La bande dessinée s’installe au Mémorial de la déportation à Compiègne

    Le Mémorial de l’internement et de la déportation de Compiègne s’ouvre de nouveau à la bande dessinée cet été. Avec cette fois deux expositions, toujours en lien avec la thématique du lieu et la Seconde Guerre mondiale. Prémices d’un temps fort à venir à l’automne

    A l’automne dernier, la bande dessinée faisait son entrée dans l’enceinte du Mémorial de l’internement et de la déportation de Compiègne, à travers une belle exposition Stalag II-B de Tardi (et la venue de l’auteur). Après cette première initiative réussie, le mariage paraît se poursuivre sous les meilleurs auspices.

    En lien avec “2020, l’année de la BD”, initié par le ministère de la Culture, le Mémorial proposera cet été deux expositions en parallèle, toujours en lien avec la Seconde Guerre mondiale et la thématique du lieu. Et toutes deux visibles du 18 juillet au 31 octobre.

    Le “Rapport W” et “La Déconfiture” à partir du 18 juillet…

    Premier angle, “le Rapport W, infiltré à Auschwitz”, autour de l’album de Gaëtan Nocq, racontant cette histoire aussi réelle que stupéfiante d’un emprisonnement volontaire d’un résistant polonais au camp d’Auschwitz. De ces 947 jours d’enfer de Witold Pilecki, capitaine de cavalerie, membre de
    l’Armée secrète polonaise, une trentaine de planches originales et les carnets préparatoires de l’auteur seront exposés, en partenariat avec la galerie Daniel Maghen.

    Comme le note le Mémorial dans sa présentation, “L’univers graphique très personnel de Gaétan Nocq mêle à la beauté onirique de ses dessins la précision clinique de l’enfer concentrationnaire nazi qui est décrit au travers de l’histoire vraie de ce héros de la Résistance polonaise“.
    Cette exposition sera l’occasion pour le Mémorial de l’internement et de la déportation de rappeler
    la place du travail forcé au camp de concentration d’Auschwitz I pour les prisonniers politiques, vers lequel des milliers d’internés de Compiègne ont été déportés, et qui fut distinct, dans un premier temps, du camp d’extermination d’Auschwitz II.

    Seconde expo, dans l’air du temps en cette année du 80e anniversaire de 1940, La Déconfiture, d’après le diptyque de Pascal Rabaté consacré à la débâcle du printemps 1940 vue à travers le destin d’un pauvre “bidasse”. L’exposition présentera les planches originales – et pour certaines inédites – de sa série publiée de 2016 à 2018, ainsi qu’un ensemble de planches d’étude.

    La encore, un lien peut vite être fait avec le Mémorial de Compiègne, puisque cette période du printemps 1940 est aussi celle de la mise en place dans l’urgence par l’armée allemande des camps de prisonniers, d’abord de fortune, puis au sein de Frontstalag, comme ce sera le cas à Compiègne avec le Frontstalag 170, avant leur transfert vers l’Est.

    … Et un festival de bande dessinée historique en octobre

    Pour les deux expos, des objets issus des collections du Mémorial de Compiègne et d’autres institutions patrimoniales viendront enrichir les différents parcours de visite, tout en faisant écho aux dessins exposés. Et cette implication du site va aussi se concrétiser, cet automne, par un autre événement: la première édition du festival « Traits de mémoire », organisé par le Mémorial de l’internement et de la déportation et auquel s’associe, cette année, le musée Antoine-Vivenel (qui expose cet été, pour sa part, des planches de Rahan).

    Ce  festival mettra à l’honneur, tous les ans, la bande dessinée historique, en proposant des rencontres et des séances de dédicaces avec les auteurs exposés. En l’occurrence, Gaëtan Nocq et Pascal Rabaté seront notamment présents lors du week-end du 10 et 11 octobre.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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