La fin de l’Odyssée de Lanfeust

    Lanfeust Odyssey, tome 10: le destin karaxastin, Christophe Arleston (scénario), Didier Tarquin (dessin). Editions Soleil, 56 pages, 14,95 euros.

    C’est la lutt-eu final-eu ! Lylth, la dévoreuse de monde a été vaincue. Mais pas anéantie, comme on le sait depuis le précédent album. Des millions de petites Lylth-banshees s’abattent d’ailleurs sur Eckmül tandis que Lanfeust cherche à convaincre les dieux du Darshan de l’aider à abattre la maléfique créature. Heureusement, la situation va tourner à l’avantage de nos héros. Les quatre femmes de Lanfeust parviennent à retrouver et à neutraliser Glin, le fils de Cixi et Lanfeust mais passé du côté du mal en devenant la pupille de Thanos, et le combat final va bientôt se dérouler, au centre du monde. D’où la nécessité pour notre héros et ses amis de découvrir, déjà, où se situe ce centre…

    Il avait fallu dix ans à Ulysse pour rejoindre Ithaque et terminer son Odyssée. Il en a fallu quasiment autant à Arleston et Tarquin pour boucler la leur et en finir avec cet héros revenu des étoiles et la maléfique créature qui terrorisait le monde de Troy. Nulle volonté de comparer l’une et l’autre aventure bien sûr. Même si, à sa modeste dimension, la saga de Lanfeust, initiée voilà bientôt un quart de siècle est un pilier fondateur pour le renouveau de l’heroïc-fantasy en bande dessinée.

    Un renouveau qui s’achève ici par un album, hélas, un peu éparpillé, il faut bien le dire.
    Cette odyssée se termine ici de la même manière un peu laborieuse et mitigée que le premier diptyque l’avait commencée. Le dessin de Tarquin est toujours à la hauteur et comprend encore quelques morceaux de bravoure (dont une chute de Troll fracassant une maison en coupe), toutes les portes de l’intrigue ouvertes dans les épisodes précédents se referment bien et quelques nouveaux personnages – dont un bandit méditéranéen – font leur petit tour de piste, mais l’ensemble manque de relief et de grandeur. Et le final se noie, au propre comme au figuré, dans l’anecdotique.

    Un dernier coup du destin, donc, bien qu’on devrait encore retrouver Lanfeust, dans des diptyques, selon son créateur. Mais pas avant 2020 puisque Didier Tarquin se lance en solo (mais en famille) dans une nouvelle série, UCC Dolorès, dont le premier album sort en janvier prochain. Le plus célèbre forgeron de Troy peut prendre un repos mérité.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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