La fin d’une saga complètement démoniaque

    Demon, tome 4, Jason Shiga. Editions Cambourakis, 192 pages, 22 euros.
    Demon, integrale
    . Jason Shiga. Editions Cambourakis, 800 pages, 42 euros.

    Ce tome 4 n’est, objectivement, pas le plus réussi de la série. Mais il respecte l’engagement annoncé par Jason Shiga au tout début de l’aventure: faire à chaque fois un tome plus intense, plus dégénéré et plus violent que le précédent”. Pour l’intensité, c’est discutable. En revanche pour la violence et la dégénérescence, c’est incontestable. Et celle-ci s’affiche dès la couverture avec son monceau de cadavres ! Il faut dire que nous vivons ici la lute finale entre deux démons, qui n’ont cessé de se pourchasser depuis 250 ans.
    Car, en effet, après sa renaissance sous forme d’accouchement – dans le droit fil du tome 3 – Jimmy Yee, qui s’est découvert son statut de démon immortel a aussi appris que son grand ennemi, l’agent Hunter, était aussi vivant, qu’il était également un démon et qu’il avait l’ambition de mener une révolution mondiale afin d’instaurer une paix planétaire, afin ensuite de rediriger les budgets militaires de chaque pays vers des programmes à visée sociale et la création d’un revenu universel. Un vrai danger pour l’humanité, comme on le voit…

    Avec sa fille Choupette (qui a bénéficié des caractéristiques de son géniteur), Jimmy part donc à Osaka où Hunter a implanté sa base. La confrontation ne sera pas facile: la forteresse est entourée d’une muraille haute de trois étages sur laquelle ont été attaché des prisonniers tous les 3 mètres (histoire d’empêcher une progression par suicides et possession successives), à l’intérieur patrouillent des culs-de-jatte skin armés de battes de base-ball, puis dans une seconde cour des siamois protégeant l’entrée du château surveillé par 25 commandos-démons israéliens… Pas de quoi décourager néanmoins le père et la fille qui, à l’issue d’une bataille dantesque et pleine de rebondissements parviendront à terrasser leur adversaire. 

    A la différence des tomes précédents, qui allaient de rebondissements surprenants en révélations plus surprenantes encore, à un rythme quasi aussi-rapide que les possessions successives de Jimmy, ce quatrième et ultime tome ressemble plus à un long sprint effréné ou, plus exactement, à une course à obstacles pour atteindre le sommet du château et la fin de l’intrigue. Moins délirant et moins hilarant, quelque part, mais le récit reste toujours bien maîtrisé et d’une grande cohérence dans sa logique foldingue. Sans oublier un tome toujours aussi sanglant aux morts se comptant par centaines… Pari tenu donc pour l’auteur californien.

    Histoire de finir la saga en beauté, les éditions Cambourakis ont également édité, fin 2018, une “intégrale”. Tout a fait hors-norme aussi, donc, avec ses 800 pages. Pas de bonus particulier, mais la possibilité de lire en continu l’ensemble de l’histoire. Plaisir démoniaque.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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