La mangaka Takahashi rejoint Chris Ware et Emmanuel Guibert dans la “short-list” pour le Grand prix d’Angoulême 2019

    A l’issu du premier tour de l’élection du Grand Prix d’Angoulême 2019, en ce début janvier, trois auteurs ont été retenus, parmi lesquels sera désigné le lauréat 2019. Avec les deux “habituels” Chris Ware et Emmanuel Guibert, et surprise, une dessinatrice, et de mangas : Rumiko Takahashi.

    Depuis 2014, le Grand Prix est attribué, à la suite d’un vote de la communauté des auteurs et autrices professionnels de bande dessinée. Depuis deux ans, on constate une certaine constance pour la détermination du trio final.
    C’est ainsi que cette année, deux des trois pré-lauréats étaient déjà dans la short-list de l’an passé. L’un, Chris Ware, faisant même figure d’habitué, nominé à plusieurs reprises mais échouant à chaque fois à la dernière étape avant la consécration finale et l’entrée dans l’académie des Grand prix d’Angoulême.

    Désormais, les trois auteurs retenus vont être soumis à un nouveau vote du même collège d’auteurs et autrices, vote ouvert de ce mercredi 16 au dimanche 20 janvier 2019 à minuit.
    Le nom du nouveau Grand Prix, qui succédera à Richard Corben, sera annoncé mercredi 23 janvier 2019 vers 19 heures, lors de l’ouverture officielle du Festival.

    Et donc, par ordre alphabétique, le choix sera à faire entre…

    Emmanuel Guibert

    Né en 1964 à Paris, Emmanuel Guibert s’est fait connaître d’entrée par une oeuvre exigeante, Brune, sur la montée du nazisme. Autre oeuvre et série marquante, entre 2000 et 2008, ses albums inspirés par les souvenirs de son ami Alan Ingram Cope, La Guerre d’Alan, l’Enfance d’Alan, Martha et Alan (ed. L’Association). Il poursuit dans cette veine “biographique” avec Le Photographe, d’après des entretiens avec Didier Lefèvre, primé en 2007 à Angoulême.
    Auteur à part entière, Emmanuel Guibert est également un scénariste prolifique dans des genres très divers. Il crée avec Joann Sfar Les Olives noires, la délicieuse Fille du professeur mais aussi dans un registre jeunesse (et délirant) la série Sardine de l’espace, ainsi qu’Ariol, avec Marc Boutavant, duquel il a tiré un spectacle pour enfants des plus réjouissants (que l’on avait pu voir l’an passé lors du Festival d’Amiens). Il a été récompensé du prix Goscinny du scénariste en 2017 et a été mis à l’honneur par le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême l’an dernier.

    Rumiko Takahashi

    Quarante ans de carrière, plus de 200 millions d’exemplaires vendus dans le monde, une entrée au Eisner Hall of Fame en 2018, Rumiko Takahashi n’a plus sa place à faire dans la monde de la bande dessinée.
    Née en 1957, elle débute sa carrière “pro” en 1978 avec la publication de Urusei Yatsura (Lamu) dans les pages de l’hebdomadaire Sunday. Elle va ensuite enchaîner les succès avec Maison Ikkoku (Juliette je t’aime) puis Ranma 1/2. Devenue reine du shônen manga (les séries pour adolescents), les adaptations en “anime” de ses séries vont contribuer à accroître sa reconnaissance et celle de ses héros, outsiders et excentriques qui, souvent, sous couvert de comédie abordent des sujets plus profonds, sous un angle progressiste.

    Chris Ware

    Né en 1967 à Omaha (États-Unis), Chris Ware est donc désormais un habitué du dernier “tiercé” du Grand Prix d’Angoulême, sans jamais décrocher la timbale. Cette année peut-être ? Ou enfin, car son statut est indiscutable, au-delà des 28 Harvey Awards et 22 Eisner Awards qu’il détient. Publié très jeune dans Raw (la revue d’Art Spiegelman), il débute dans les années 1990 sa série des Acme Novelty, vraie-fausse revue qui va installer les personnages bientôt fameux de l’auteur : Quimby the Mouse, Rusty Brown et surtout Jimmy Corrigan… Depuis vingt-cinq ans, il bâtit une œuvre originale d’auteur, singulière et innovante, que l’on peut considérer avant-gardiste, qui oscille entre une mélancolie et tristesse et qui a conquis une réputation incontestable auprès bon nombre de professionnels et de critiques de bande dessinée.

    Le dernier tour de scrutin s’ouvre ce mercredi 16 janvier et les votes pourront se faire jusqu’au dimanche 21 janvier à minuit, avec le collège d’électeurs, à savoir “tout auteur ou autrice de bande dessinée professionnel, quelle que soit sa nationalité, dont les oeuvres sont traduites, en français et diffusées dans l’espace francophone et ayant participé au premier tour“.

    Le nom du Grand Prix 2019 sera annoncé mercredi 23 janvier en fin d’après-midi, lors de la cérémonie d’ouverture officielle du Festival.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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