La naissance de la 2 CV : deux chevaux et tant d’embuches 

    La naissance de la 2cv, Dugomier (scénario), Olivier Wozniak (dessin). Editions Glénat, 48 pages, 13,90 euros.

    En mai 1926, André Citroën prend une décision grave: stopper la production de la type C, la “Citron” pour les intimes, une voiture plus petite que les berlines qui inondent le marché naissant de l’automobile en France. Les ouvriers de Levallois-Perret l’adorent, autant que le public. Ce choix semble irrationnel, il est pourtant d’une logique implacable: la Citron se vend bien mais n’est pas rentable.

    Dans le même temps et à quelques centaines de kilomètres de là, deux fabricants de pneus fomentent un plan pour pénétrer davantage le même marché de l’auto grand public: les frères Michelin. Depuis leurs usines de Clermont-Ferrand, ils ont lancé un grande enquête par correspondance pour connaître les besoins des Français qui ne possèdent pas encore de voiture. Ils en tirent une conviction: la France a besoin d’une voiture accessible à tous, facile à entretenir, dans laquelle ont peut transporter 50 kg de pommes de terre et un panier d’oeufs à travers un champ sans en casser un seul…

    Postulat simple, procédé complexe. Le défi est multiple: mécanique, financier, commercial, esthétique… Sans parler de la Seconde Guerre mondiale. Il faudra plus de vingt ans pour que le projet T.P.V (très petite voiture) devienne une  réalité.

    Dans La naissance de la 2cv, Wozniak et Dugomier proposent un passionnant prequel à la formidable histoire de la “deuche” que tous les Français connaissent. Produite pendant plus de quatre décennies et écoulée à plus de 5 millions d’exemplaires, cette voiture aussi rudimentaire qu’attachante montre aussi que l’ambition industrielle et le goût de l’innovation n’ont pas attendu la start-up nation pour se décliner en français.

    La série Plein gaz (éditions Glénat) compte déjà une trentaine de titres consacrés à de grandes figures, modèles ou lieux du monde automobile. Des récits à réserver aux véritables passionnés pour certains. Mais ce tome consacré à la 2cv, pour les raisons affectives évoquées plus haut, comblera sans mal un public plus large. De quoi raviver la nostalgie au pied du sapin.

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