Béatrice, Joris Mertens. Editions Rue de Sèvres, 112 pages, 19 euros.

    Vendeuse aux rayons gants dans un grand magasin, Béatrice est une jeune femme solitaire à la vie banale. Mais un jour, dans la cohue de la gare, elle remarque un sac abandonné, aussi rouge que son manteau. Au bout de quelques jours, le sac étant toujours là et semblant l’attendre, elle s’en empare et y découvre un album photos. A l’intérieur, des images d’un couple de l’entre deux guerres dont la jeune femme présente une troublante similitude avec elle. Béatrice va alors chercher à retrouver les lieux de ce bonheur au sein de la métropole où elle réside : une patinoire, un cinéma, un café… avant de basculer plus encore dans ce passé envoutant.

    Pour sa première bande dessinée, Joris Mertens, un directeur artistique flamand, pose un récit mélancolique à souhait. Une histoire au dessin faisant songer un peu à Nicolas de Crécy par sa beauté un peu tremblée et ses teintes fortes, mais aussi aux albums de Cyril Bonin, pour la délicatesse des traits de son héroïne et ce basculement progressif dans un fantastique subtil (à moins que l’épilogue ne laisse imaginer une interprétation beaucoup plus pragmatique, mais chut…). Muette, hormis ces mots énigmatiques comme scotchés en début de chacun des quatre chapitres qui rythme l’album, l’intrigue est finement menée jusqu’à son terme, embarquant irrésistiblement le lecteur dans cette étrange enquête.

    Un bel album entre deux époques, faisant la part belle à l’imagination et à une douce rêverie, à la manière de Midnight in Paris, de Woody Allen.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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