La reine du manga couronnée à Angoulême

    C’est officiel depuis ce soir: Rumiko Takahashi, l’autrice de Ranma ½Urusei Yatsura ou encore Maison Ikkoku, a été désignée comme 46e Grand Prix de la Ville d’Angoulême

    C’est le deuxième mangaka à être élu Grand Prix d’Angoulême – après Katsuhiro Otomo, l’auteur d’Akira. Et aussi la deuxième femme (après Florence Cestac, en 2000) : Rumiko Takahashi est élue ce mercredi 23 janvier Grand Prix du 46e Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, au terme du second tour d’un scrutin qui a réuni 1672 auteurs de bande dessinée.

    Cette élection – qui avait les faveurs de notre chroniqueur es mangas maison, Bakhti Zouad – qui avait vu juste en la voyant sortir en tête – vient saluer une star au Japon. Reine des séries romantiques, Rumiko Takahashi a derrière elle aujourd’hui quarante ans de carrière et plus de 200 millions d’exemplaires vendus dans le monde, dont ceux de sa série-phare Ranma 1/2.

    Née le 10 octobre 1957 à Nīgata, elle s’inscrit à l’atelier de gekiga (mangas réalistes destinés aux adultes) fondé par le grand scénariste Kazuo Koike, dès son entrée à la fac. Ce dernier lui assure qu’elle deviendra pro. Une prophétie réalisée dès l’année suivante, en 1978, quand Rumiko Takahashi entame la publication de Urusei Yatsura (Lamu) dans les pages de l’hebdomadaire Sunday.
    Elle s’approprie alors le genre du shōnen (le manga pour jeunes garçons) et refuse d’entrer dans les codes des histoires romantiques du shōjō (genre plus destiné aux adolescentes). Elle dépasse aussi les conventions du manga en y instillant avec finesse et humour des questionnements autour de la société japonaise. Avec les séries Maison Ikkoku (Juliette je t’aime) et Ranma 1/2, elle va rapidement devenir la reine du shōnen manga.

    A travers elle, le Festival, dans son communiqué officiel, ce soir, souligne que ce Grand Prix “récompense une autrice à part dans la pop culture japonaise et internationale, à l’œuvre éclectique riche de 7 séries et de près de 200 tomes, en avance sur les enjeux de son temps, qui ne cesse de se renouveler, tant dans le dessin que dans les sujets qu’elle aborde avec audace. Reconnue dans le monde entier, l’œuvre prolifique de Rumiko Takahashi a fait rire et rêver des générations de lecteurs et a participé pour une part essentielle à la reconnaissance de la bande dessinée japonaise en occident. Son élection, aujourd’hui, au titre de Grand Prix de la Ville d’Angoulême représente donc un double événement, tant pour le manga que pour la représentation des femmes autrices de bande dessinée.”

    Elle succède donc à l’Américain Richard Corben. Les deux autres auteurs en lice dans la “short list” sont des habitués, l’Américain Chris Ware et le Français Emmanuel Guibert. Tous deux bloqués, une fois encore, sur l’avant-dernière marche.

    Le festival d’Angoulême débute ce jeudi et s’achèvera dimanche. Les albums primés seront connus samedi en fin d’après-midi.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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