La Symphonie fantastique de Billy et David Périmony

     Billy Symphony, David Périmony. Editions de la Gouttière, 104 pages, 16 euros. Parution le 16 janvier 2020.

    David Périmony est un pur produit de l’école amiénoise de la bande dessinée. Diplômé de la première promotion du Diplôme universitaire alors lancé par l’Université Picardie Jules-Verne, on l’avait remarqué dès ses premières planches publiés dans La Hutte du Déhu, le magazine de la promo diffusé lors des Rendez-vous de la bande dessinée 2014. Magazine auquel il avait largement contribué en matière graphique et de maquette. Un peu plus tard, on l’a retrouvé dans l’aventure Pierre Papier Chicon, la revue de “bande dessinée sur la Picardie” lancée avec le dessinateur David François.

    Plus récemment, il s’est fait la main en effectuant le travail de mise en couleur du nouveau tome de la Guerre des Lulus ou de Zibeline. Cette fois, c’est donc son premier album. En solo, en compagnie de Billy Symphony.

    Fasciné par un saxophone aperçu dans une vitrine, ce jeune vagabond se rêve une carrière de musicien. Sauf que l’instrument ne fait pas plus l’artiste que l’habit le moine. Il s’en désespère jusqu’au jour où un petit oiseau à l’idée d’aller se nicher dans le saxophone, créant alors une mélodie harmonieuse. C’est le début de la réussite. Repéré par le directeur d’un club de jazz, Billy et son partenaire caché subjuguent le public. Jusqu’à l’épuisement du petit oiseau, essorés par ce milieu cupide du show business…

    Plus de cent pages d’une bande dessinée muette. Pour un premier album, c’est osé. Même si les éditions amiénoises de La Gouttière se sont fait une spécialité du genre. Et le pari est très réussi ici. Le récit, fluide et dynamique dans sa simplicité, se lit d’une traite. Et l’on se surprend, étonné, ému et ravi d’en être arrivé au bout aussi vite.

    Billy Symphony se distingue aussi par un univers bien particulier, avec son look cartoon rétro, ouvertement inspiré, et en hommage clin d’oeil, des Silly Symphonies, ces petits dessins animés des premiers âges des studios Disney, comme ce Music Land de 1935… et son saxophone animé. Un univers doux et rond, aux couleurs tendres et pastel, mais qui dégage aussi une vive émotion lors de la montée vers le succès en forme de descente vers l’enfer du héros et de son petit ami à plumes.

    Un très joli album, qui serait à classer dans la catégorie “jeunesse”, voire primo lecteurs, mais qui peut toucher un large public, notamment par sa qualité graphique et un art brillant du découpage.

    Billy Symphony a toute sa place, en tout cas, parmi les parutions atypiques, inclassables mais très attachantes de La Gouttière, aux côtés de La Maison la nuit de Joub et Nicoby ou de la belle reprise de Père et fils d’Ulf K et Marc Lizano.

     

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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