Le Virus navigue toujours

     Virus, tome 2 : Ségrégation, Sylvain Ricard (scénario), Rica (dessin). Editions Delcourt, 120 pages, 18,95 euros.

    On avait quitté Guillaume Roblès, jeune laborantin en fuite réfugié sur le Babylon of the seas, un gigantesque bateau de croisière devenu un cimetière naviguant en Méditerranée.

    Isolé à bord du navire, le virus mortel et inconnu continue de gagner du terrain et de faire des victimes. La piscine du paquebot a d’ailleurs été vidée pour accueillir des centaines de corps tous numérotés. Le capitaine et son équipage ont toutes les peines du monde à contrôler les passagers paniqués. La mutinerie menace du côté des cuistots remontés à bloc par Ian…

    En parallèle, les autorités chargées de l’enquête parviennent à remonter la piste sanglante du virus et découvrent comment Guillaume, le patient zéro, a pu embarquer sur le bateau. Epaulé (et parfois consolé) par la belle Emma, le laborantin qui semble immunisé, va devoir affronter une nouvelle menace, celle de plusieurs militaires montés à bord pour lui soutirer de précieux cahiers contenant les notes et les protocoles expérimentaux…

    Dans ce contexte de pandémie liée au Covid-19, la sortie du tome 2 de Virus vient nous rappeler comment la fiction peut parfois dépasser la réalité… Il y a un an, le scénario imaginé par Sylvain Ricard semblait impensable, improbable et parfois même tiré par les cheveux. Et pourtant, l’auteur, qui s’est énormément documenté sur les virus en tout genre utilisés comme armes biologiques dans notre monde contemporain, avait vu juste !

    S’il peut sembler difficile aujourd’hui de savourer ce nouvel opus avec le même regard qu’en 2019, en pensant forcément aux innombrables victimes du coronavirus, le lecteur y retrouvera néanmoins les ingrédients d’un excellent thriller épidémiologique… Avec du suspense, de l’action, des secrets d’Etat, une romance, etc.

    Moins épaisse que le précédent tome, la bande dessinée se lit à vitesse grand V, comme un train ou plutôt une torpille lancée à pleine vitesse qui viendrait télescoper l’actualité mondiale. Sylvain Ricard aborde également les dérives du journalisme avec cette équipe de télévision prête à tout pour sortir un scoop, quitte à sacrifier des innocents. Mais aussi les dangers du conspirationnisme (dans les cuisines) ou les luttes de pouvoir, la délation.

    Côté dessin, le coup de crayon en noir et blanc (agrémenté de touches de gris) de Rica fait toujours merveille. Pour savoir où et comment échouera ce Virus, il faudra attendre 2021 avec la sortie du troisième et dernier tome de ce thriller.

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