Les 24e Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens se dévoilent

    Après Zep, Marini et Schuiten avec Blake et Mortimer. De nouvelles têtes d’affiche alléchantes pour le prochain festival de bande dessinée d’Amiens, les 1 et 2 juin prochains. Son programme a été dévoilé ce mardi 5 mars au soir. En voici les grandes lignes.

    Cette année encore, pour la deuxième année, les Rendez-vous de la bande dessinée seront hébergées dans la halle Freyssinet, ex-hangar de la SNCF déserté et réaménagé. Un environnement de béton, très urbain, qui colle bien au personnage emblématique de cette 24e édition : Batman. Même si le super-héros se dévoile, dans l’affiche originale réalisée par Enrico Marini de manière un peu singulière.

    De Gotham au gothique avec Marini

    C’est ainsi du haut de la cathédrale que le Dark Knight domine le festival. De Gotham au gothique, donc, au milieu des gargouilles. Et, plus original, c’est un Batman, sur fond rouge éclatant, plongé dans un album de bande dessinée que l’on découvre. Une image apaisée et superbement stylisée.

    En revanche, les amateurs devront se contenter des affiches de promotion. Contrairement aux années précédentes, il n’y aura en effet pas de tirages du dessin, le personnage restant DC Comics all rights reserved. Mais l’on peut déjà apprécier l’autorisation donnée par l’éditeur américain pour la réalisation d’un visuel appelé à marquer les esprits.

    Les Sumos, une expo de poids, signée David Prudhomme.

    Les amateurs d’Enrico Marini pourront en tout cas retrouver une exposition rétrospective de son travail, avec des planches originales d’Olivier Varèse, Gipsy, Rapaces, les Aigles de Rome, Le Scorpion ou, bien sûr son récent diptyque sur Batman.
    Une exposition qui sera installée à la Maison de la culture, qui accueillera aussi l’expo sur “les Sumos” de David Prudhomme, précédée d’une belle réputation. Fruit d’une observation minutieuse de ce sport très particulier, lors d’une résidence au Japon en 2012, dont l’artiste avant ramené plus d’une centaine de dessins.

    François Schuiten emmène Blake et Mortimer à Amiens

    Une case du futur album de Schuiten, Van Dormal et Gunzig.

    Côté expo, après Zep et Titeuf, la barre était placée haut. Elle sera sans doute atteinte encore cette fois-ci avec une expo inédite sur le très attendu Blake et Mortimer, le dernier pharaon, de François Schuiten, Jaco Van Dormael et Thomas Gunzig. Un petit exploit, puisque l’album sortira au moment même du festival, le 31 mai. A vrai dire, cette date a même été avancée d’une semaine, pour coïncider avec la manifestation amiénoise, à la demande express de François Schuiten, ami d’On a marché sur la bulle et aux nombreux liens avec Amiens (notamment avec la Maison Jules-Verne).
    En complément des planches du futur album, Schuiten a aussi réalisé un dessin original, pour l’affiche de son expo, clin d’oeil vernien à la halle Freyssinet.

    Indépendants du Liban aux Etats-Unis

    Beyrouth, vu par les dessinateurs.

    Le festival, en cette année 2019, s’ouvrira encore sur de larges horizons. Une découverte de la bande dessinée libanaise, ou plus particulièrement, le “portrait d’une utopie à Beyrouth”, concocté par Justin Wadlow, faisant découvrir la ville à travers la bande dessinée, avec la présence notamment de Zeina Abirached, l’auteur du magnifique Piano oriental (qui avait fait le déplacement à Amiens, ce mardi soir) ou des membres du collectif Samandal, primé à Angoulême en février dernier.

    Autre voyage-découverte, celui proposé au sein de l’exposition “indie Americans”, co-réalisée par les maisons d’édition ça et Là et l’Employé du moi autour de dix sept auteurs américains. Une expo qui fera aussi voyager, au sein d’Amiens, puisqu’elle se partagera entre la Halle Freyssinet, la présidence de l’université Jules-Verne sur le campus mais aussi dans le nouveau site universitaire de Citadelle.
    Dans la lignée de l’an passé, avec les Editions de la Cerise, ce sera aussi l’occasion d’offrir une coup de projecteur à ces deux maisons d’éditions, elles aussi très “indépendantes”.

    10 ans et 24 auteurs pour La Gouttière

    Troisième éditeur à l’honneur en 2019: les Editions de la Gouttière. Nettement moins étrangères à la cité picarde, puisqu’il s’agit de la maison née au sein de l’association On a marché sur la bulle.

    Mais, mine de rien, la Gouttière fête cette année ses dix ans. De quoi fêter dignement l’événement, pour un éditeur toujours en croissance, autour d’un grosse expo et la présence de quelques 24 auteurs maison.

    Concernant les auteurs, justement – qui, comme les années passées à Amiens, ne se contentent pas de dédicacer mais participeront aussi à diverses rencontres et ateliers – quelque 90 dessinateurs et scénaristes sont annoncés. Entre autre Marguerite Abouet, Edmond Baudoin, Joris Chamblain, Renaud Dillies, Marc Dubuisson, Kokor, Ulli Lust, Mael, Kris, Marc-Antoine Mathieu, Pozla, Marcelo Quintanilha, Jean-Louis Tripp, Nicolas Petrimaux, sans oublier les “régionaux de l’étape” (Régis Hautière, Damien Cuvillier, Hardoc, David François, Greg Blondin, Dominique Zay, etc.).
    On fera une mention particulière au Savoyard Hub, à l’honneur dans l’espace Jeux & BD à l’occasion de la sortie du jeu Okko Chronicles, inspiré de sa célèbre série japonisante, mais aussi de Steve Baker et Aurélien Ducoudray (qui auront une expo consacrée à Bots) ou des deux Nordistes Xavier Betaucourt et Jean-Luc Loyer qui après Le Grand A ont mené l’enquête au Louvre-Lens.

    Nouvelles traces de la Grande Guerre

    Enfin, pour s’en tenir là, il faut évoquer la suite de Traces de la Grande Guerre. Après la parution de l’album, pour clore le centenaire de 14-18, en 2018, voici “Il était une fois Traces de la Grande Guerre”, en rebond et en lien avec l’exposition présentée à l’Historial de La Grande Guerre de Péronne, qui confrontera les oeuvres des 42 auteurs du collectif avec des objets du musée. Une démarche que l’on retrouvera également sur le site du festival.

    En attendant d’y revenir d’ici fin mai, un dernier regard sur le Batman “amiénois” de Marini, dans sa pleine splendeur…

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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