Un pan de l’enfance de XIII se dévoile

    XIII mystery, tome 11: Jonathan Fly, Luc Brunschwig (scénario), Olivier TaDuc (dessin). Editions Dargaud, 52 pages, 11,99 euros.

    1972. L’Amérique connaît encore les soubresauts de la révolte des années 60. Et notamment le mouvement des droits civiques des noirs. Justement, un de leurs leaders, le pasteur Isayah Caton-Wood a disparu. Le FBI distille l’info selon laquelle il se serait enfui ou se serait suicidé, pour des raisons personnelles et va fuiter ses derniers instants avec une call-girl. L’événement, qui ne manquerait pas de nuire au mouvement noir, va même atteindre Greenfalls, coin de montagne paumé où réside Jonathan Fly, jadis grand journaliste activiste désormais cantonné dans le quotidien local. Celui-ci, qui délaisse son fils Jason, s’intéresse aux raisons de la venue régulière à Greenfalls de J.K.Glover, le patron du FBI. Dont celle, toute récente, qui a suivi la disparition du pasteur Caton-Wood. Deux faits qui pourraient bien être liés, comme le journaliste va le découvrir, tandis que son fils, lui, se rapproche de Glover…

    Jonathan Fly est un des personnages importants de la saga XIII. Et pas seulement parce que le héros sera connu un temps sous son patronyme de Jason Mc Fly. Mais, d’une part, le diptyque Dossier Jason Fly et La nuit du 3 août fait partie des meilleurs épisodes de la série ; d’autre part, la fin tragique du père de Jason – assassiné par le Ku Klux Klan – s’inscrivait dans l’arrière-fond politique de l’Amérique d’extrême droite qui marquait toute la saga XIII.
    Pour le faire (un peu) revivre, c’est donc Luc Brunschwig qui a été choisi. Lui qui, à travers sa propre série du Pouvoir des Innocents, s’est également intéressé depuis longtemps aux coulisses glauques des Etats-Unis. Il s’attache ici, avec talent, à repositionner Jonathan Fly dans le contexte de ces années activistes 50-60, à travers l’évocation de personnages et de situations sibyllines (J.K.Glover fait bien sûr référence à Edgar Hoover et le couple Montrose, pour lequel le père de Jason se voit inquiété est une référence aux époux Rosenberg). L’idée de faire de Greenfalls un point nodal de l’activité du Klan est, lui, un peu moins subtile, mais permet de rattacher correctement cette histoire à l’intrigue principale.
    Quant à la mise en images réalisée par Olivier TaDuc, elle se montre encore fidèle au style de Vance, avec un vrai dynamisme dans les cadrages et un beau portrait de XIII enfant (une évocation border line donc, par rapport au principe de ces spin-off qui ne devaient s’attacher qu’aux personnages secondaires… mais difficile quand même de parler du père sans montrer le fils). Et cet album apporte une jolie pierre de plus à l’édifice.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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