Alvin se perd un peu dans le bayou

    alvin-tome-2-le-bal-des-monstres_couvAlvin, tome 2: le bal des monstres, Régis Hautière (scénario), Renaud Dillies (dessin). Editions Dargaud, 56 pages, 13,99 euros.

    Fin du périple pour l’ours Gaston et son protégé, le jeune orphelin Alvin, recueilli après le décès de sa maman à New York. Toujours accompagné de l’énigmatique Jimmy “face de Lune”, le trio est redescendu vers le sud des Etats-Unis, s’est trouvé confronté à des voleurs, à failli se noyer sur le grand fleuve mais a atteint Crapeville, ou résiderait la famille d’Alvin. Dans cette ville marquée par la ségrégation contre “ceux qui ont un bec” (et l’apparence un peu trop “bronzée”), Gaston réussit à retrouver une piste. Mais il se confrontera à beaucoup d’hostilité. Et la tension monte encore quand le révérend fanatique fait son apparition en ville, incitant à des expéditions punitives contre les hérétiques…

    Fin du voyage, donc, et léger essoufflement pour cette série, forte de deux fois deux albums. Le dessin poétique et personnel de Renaud Dillies est bien toujours aussi formidable, tout comme la mise en couleurs. L’humanité et la générosité des personnages est également au rendez-vous. Et ce second album, après l’ambiance urbaine d’un New York rétro (pas si éloigné de celle d’un Homme de joie) plonge dans un sud marqué par la ségrégation raciale.
    Mais, premier souci, malgré le banjo et le bayou, on ne ressent pas vraiment cette ambiance-là. De plus, si jusqu’ici l’alchimie fonctionnait à plein entre l’univers graphique et le récit, à travers notamment ses dialogues savoureux, cet album-ci s’avère un peu trop verbeux au détriment du reste. Et si les causes défendues sont toujours bonnes, on frôle parfois le manichéisme et le très politiquement correct.
    Alors, bien sûr, cet album a des qualités qui le situe bien au dessus de la moyenne de la production courante du moment. Mais, de même que les petits papiers “sont vraiment trop bizarres” quand c’est Jimmy qui les sort du fameux chapeau d’Abélard, et tombent à plat, ce Bal manque de rythme et de surprises. On se rattachera donc à tous ces personnages qui demeurent très attachants et au constat, comme le précise le premier petit papier, placé en exergue de l’album, que “Mieux vaut mauvaise route que mauvais compagnons“.

    Alvin-t2_planche

    Commentez ou exprimez-vous grâce aux emojis !
    0
    J'AIMEJ'AIME
    0
    J'ADOREJ'ADORE
    0
    HahaHaha
    0
    WOUAHWOUAH
    0
    SUPER !SUPER !
    0
    TRISTETRISTE
    0
    GrrrrGrrrr
    Merci !

    Tags:

    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

    • Voir les commentaires

    Your email address will not be published. Required fields are marked *

    comment *

    • name *

    • email *

    • website *

    Vous aimerez également peut-être

    Mickey horriblement séduisant

    Horrifikland, une terrifiante aventure de Mickey Mouse, Lewis Trondheim (scénario), Alexis Nesme (dessin). Edition ...

    Le choc des sentiments invisibles

    La patrouille des invisibles, Olivier Supiot. Editions Glénat, 108 p., 24,90 euros. Ce centenaire ...

    Matthieu Bonhomme, l’homme qui a fait revivre Lucky Luke

    L’homme qui tua Lucky Luke, Matthieu Bonhomme. Editions Dargaud, 64 pages, 14,99 euros. Après ...

    Louve, la mystérieuse

    Les mondes de Thorgal / Louve, tome 1: Raïssa.Yann, Surzenkho. Editions du Lombard. 48 ...

    Tronchet retourne en enfance

    Sortie de route, Didier Tronchet. Editions Glénat, 88 pages, 19,50 euros. Proust avait sa ...

    Le fantôme amoureux

    Hôtel particulier, Guillaume Sorel. Editions Casterman, 104 pages, 17 euros. De nos jours, lassée ...