Azimut fait un détour par un désert très peuplé

    Azimut, tome 4: Nuées noires, voile blanc, Wilfrid Lupano (scénario), Baptiste Andreae. Editions Vents d’Ouest, 48 pages, 13,90 euros.

    Toujours pas de temps mort dans cette superbe et imaginative saga. L’histoire se poursuit sur un rythme trépidant, dans la suite directe du tome 3. Le poète Eugène et le Major tentent d’empêcher le mariage de Manie Ganza avec le Grand mamamouchi Baba Musiir, qui entend faire de la jeune femme sa cent-troisième épouse, avant de lancer sa guerre contre les troupe mécaniques du Petitghistan. Au risque pour les deux hommes, dans un combat pour le moins disproportionné, d’y perdre la tête.
    Pendant ce temps la reine d’Ether, la mère de Manie, toujours en colère et jalouse que sa fille lui ait dérobé les crônes de l’éternelle jeunesse, n’hésite pas en appeler aux effrayantes nuées noires, qui bientôt vont s’abattre sur la cité de Baba Musiir. Et elle parvient aussi à figer la déesse des sables, au grand désespoir du lapin du Pôle Nord, à la douleur glaciale et communicative. Si Manie et Eugène, à l’inverse, connaissent enfin l’émoi amoureux, c’est loin d’être la fin de l’histoire.

    Wilfrid Lupano et Baptiste Andreae continuent d’imaginer… tous azimuts ! Alors, bien sûr, cette histoire loufoque tenant des aventures du baron de Munchaüsen mixé (pour cette fois) avec les contes de Mille et une nuits – tout comme le résumé exposé plus haut – peuvent sembler totalement hermétiques à qui ne s’y est pas plongé depuis le début. Mais, pour les adeptes, la magie opère encore  à plein.
    Plus ramassé et recentré que les épisodes précédents, le récit est toujours aussi fantaisiste, poétique, imaginatif dans les personnages, les situations, les dialogues. Lupano y ajoute aussi quelques petits clins d’oeil métaphoriques à notre monde bien actuel (ainsi des nuées noires, dont les femmes se dévoilent, après leur passage dans leur cité). Et les dessins, en couleurs directes, de Baptiste Andreae apportent une touche de poésie supplémentaire.
    La trame principale de l’intrigue paraît un peu délaissée dans ce quatrième volet, mais on apprécie que les auteurs prennent leur temps pour décrire, par petites touches, leur monde fabuleux.
    Azimut paraît loin d’avoir livré tous ses secrets !

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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