Pénélope Bagieu et sa grande Mama

    california dreamin_couvCalifornia Dreamin’, Pénélope Bagieu. Editions Gallimard, 272 pages, 24 euros.

    ♪♫ All the leaves are brown and the sky is grey ♫, California Dreamin’… C’est l’un des titres phare de The Mamas and the Papas. Pour rappel, ce groupe américain a eu son heure de gloire dans la seconde partie des années 60. Ils laissent derrière eux quelques autres morceaux incontournables dont Monday Monday, San Francisco et leur reprise de Dream a little dream of me qui reste comme une référence. Ceci est indubitablement dû à la voix et au talent de la chanteuse Cass Elliot, également appelée Mama Cass. Un personnage atypique et haut en couleurs dont Pénélope Bagieu retrace la vie de sa naissance jusqu’à l’apogée des Mamas and the Papas.
    Cass Elliot, de son vrai nom Ellen Cohen, est née en 1941 en Amérique où sa famille est venue se réfugier du nazisme. L’épicerie de ses parents ne marche pas fort et la famille ne roule pas sur l’or. Des soucis de grands qu’Ellen ne perçoit pas. Son père, qui rêvait d’être chanteur d’opéra, est du genre papa poule. ils ont une belle complicité. A 5 ans Ellen Cohen est fan de Shakespeare et est persuadée qu’elle deviendra une star. Dans son petit monde tout va pour le mieux jusqu’au grand chamboulement: l’arrivée d’une petite sœur.
    Ellen Cohen se console en mangeant à outrance. Pour autant, elle n’est pas du genre à rester dans son coin. Extravagante, elle est un vrai pitre au caractère bien trempé. Et puis elle chante. Et là, tout le monde s’arrête pour l’écouter. De rencontres en coups d’audace, elle intégrera The Mamas and the Papas. Dès lors, le groupe cartonnera et Ellen Cohen avait raison: elle est devenue une star…

    California dreamin_plancheAvec cette bande-dessinée sans prétention, Pénélope Bagieu nous tient en haleine. On enchaîne les chapitres les uns après les autres sans pouvoir poser cette biographie graphique. D’autant que le rythme de la narration est efficace. En effet chacun des chapitres est narré par un personnage différent. Très vite on se prend d’affection pour Ellen Cohen.
    Si graphiquement on déplore parfois que la dessinatrice ne se soit pas plus appliquée, c’est très vite oublié, tant les cases s’enchaînent avec une très belle fluidité. Et les cadrages, quant à eux, sont très réussis, efficaces et participent grandement au dynamisme de la narration. De plus, la légèreté chaleureuse du trait à la mine graphite est très agréable.

    Album très rafraichissant, drôle et captivant, California Dreamnin’ est également très intéressant par la découverte ce personnage à la vie aussi intense que brève, puisqu’elle est décédée en 1974 d’une crise cardiaque à Mayfair à Londres, après deux semaines de représentations à guichets fermés au Palladium. Pour l’anecdote, quatre ans plus tard, le batteur de The Who, Keith Moon, est mort dans la chambre où Cass Elliot avait succombé, lui aussi à l’âge de 32 ans.

    [youtube]http://www.youtube.com/watch?v=dN3GbF9Bx6E[/youtube]

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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