Come prima, Alfred. Editions Delcourt, 25,50 euros, 226 pages.

    C’est donc le “meilleur album de l’année”. Du moins pour le jury du festival d’Angoulême. Ce “Fauve” attribué au dernier ouvrage d’Alfred a le mérite, en tout cas, de mettre en lumière un joli road-movies rétro, chronique familiale pleine de chaleur et d’empathie dans la France – puis l’Italie – à la fin des années 50.

    Après de longues années de séparation, deux frères vont se retrouver. L’un, Fabio, a quitté le village familial, dans les années 30, s’insérant dans le rêve fasciste qui lui apparaissait surtout comme le moyen de prendre le large ; l’autre, le petit frère, Giovanni est resté auprès de la famille, dans le sud de l’Italie. Dix ans après leur dernière rencontre, il vient rechercher Fabio, qui survit dans un milieu interlope, pour le ramener, apportant avec lui une urne funéraire, dernier souvenir d’un père dont on comprend, progressivement, qu’il fut l’une des causes de cette rupture familiale.

    [youtube]http://youtu.be/jW8x0B1yW-s[/youtube]

    Le trajet – en Fiat 500 ! – (évoqué ci-dessus dans la bande annonce dotée d’une belle musique) commence mal, dans une sourde hostilité parfois explosive. Au fil des péripéties picaresques du voyage, avec quelques personnages haut en couleur et rencontres marquantes, le passé ressurgit – avec ses éléments de compréhension pour le lecteur – et les frères vont progressivement se rapprocher à nouveau…

    Ce n’est pas pour rien que la première case – après un prologue un peu énigmatique – est un ring de boxe. C’est bien la lutte entre les deux frères qui structurent ce roman graphique. Une confrontation non dénuée de sentiments et qui va se transformer en vraie camaraderie fraternelle. Et en arrière-plan, tous les éléments de l’intrigue familiale s’explicitent de manière lumineuse, jusqu’à une dernière image, qui boucle joliment l’histoire (après quelques rebondissements bien amenés). Une histoire simple, racontée d’un trait simple et relâché qui convient bien à l’ambiance du récit.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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