Deathtopia, t’as de beaux yeux, tu sais (et pas que)

    Deathtopia, tome 1, Yoshinobu Yamada (scénario et dessin). Editions Soleil – Manga, 192 pages, 7,99 euros.

    Quartier Nerima, Tokyo. Kô Fujimura, étudiant de 19 ans, est renversé par une voiture alors qu’il tente d’attraper deux voleurs à la tire qui s’enfuient, juchés sur un scooter. Admis à l’hôpital général Kitakami dans un état grave, il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre. Ses blessures aux yeux et au crâne ne semblent pas opérables mais le jeune homme s’accroche à la vie. L’opération se déroule finalement mieux que prévu sauf que le patient n’est plus vraiment le même.

    Doté d’un étrange pouvoir de perception (ce qu’il ignore encore), Kô a le don de voir ceux qui ont « quelque chose en plus ». Complétement déboussolé, il ne sait pas vraiment ce qu’il lui arrive lorsqu’une ravissante infirmière tente de… l’étrangler. Aussi sexy qu’indestructible, la blonde sculpturale lorgne sur ses yeux. Elle en fait une obsession et est à deux doigts de les lui arracher au moment où trois jeunes femmes armées de pistolets font irruption dans l’une des salles de l’hôpital. Trois belles – que l’on a, il faut bien l’avouer, bien du mal à fixer dans les yeux – qui tentent d’élucider d’horribles meurtres commis à travers toute la ville. Sauvé de la collectionneuse d’yeux par ces belles policières, Kô tente de comprendre ce qu’il se passe et découvre que des « monstres » (en réalité des humains ayant le pouvoir de régénération) se livrent à des massacres en toute impunité. Débute alors une enquête sanglante au sein de la brigade spéciale pour remonter jusqu’à eux…

    Manga de type seinen et plutôt réservé à un public averti (plus pour ses scènes de violences que pour son côté sexy), Deathtopia est à mi-chemin entre film d’horreur et thriller. Sans être exceptionnel, le scénario élaboré par Yoshinobu Yamada fonctionne bien.

    Le rythme est palpitant et le premier tome se lit très rapidement même si on aurait aimé en savoir plus sur la personnalité du jeune héros. Peut-être dans les volumes suivants sachant que le titre en compte huit déjà parus au Japon et pré-publiés dans le magazine Evening.

    Auteur du réussi Cage of eden, un « survival » sur une île infestée de bêtes sauvages que l’on croyait disparues, dont l’épilogue vient de sortir chez Soleil, le mangaka a visiblement préféré se focaliser sur l’intrigue. L’histoire renvoie à l’excellent Parasite d’Hitoshi Iwaaki. Là aussi, les « monstres » ont l’air d’évoluer normalement, cachés au cœur de la société japonaise et agissant presque en toute impunité.

    Compte tenu des nombreuses cases de nu, le manga aurait pu être classé dans la catégorie ecchi (à connotation sexuelle ou érotique). Yamada se plaît à dessiner presque toutes les jeunes femmes qu’il imagine avec une forte poitrine et des jambes interminables. Des planches qui ne servent pas forcément l’histoire. On se demande parfois pourquoi elles ont été placées là, si ce n’est que pour nous inciter à tourner les pages avec frénésie…

    Le mangaka donne d’ailleurs le ton dès la (jolie) couverture sur papier glacé : une jeune femme en jupe très courte… Ses dessins sont réussis et font de l’effet… Il faut dire que Yamada a sans nul doute pu bonifier son trait lors des 21 tomes de Cage of eden.

    Les personnages sont variés et les scènes d’action assez bien décrites avec quelques pleines-pages souvent très explicites. Notamment les dernières où l’on en prend plein les yeux.

    Par Bakhti Zouad

     

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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