Des singes qui donnent toujours la banane

    Monkey Bizness, tome 3: la banane du futur, Pozla (dessin), El Diablo (scénario). Editions Ankama, 160 pages, 15,90 euros.

    Suite et fin de cette adaptation – très éloignée – de la Planète des singes. Dans ce futur où après une guerre nucléraire les hommes ont laissé place aux animaux en haut de l’échelle alimentaire et aux manettes de la civilisation (où de ce qu’il en reste), Jack Mandrill et Hammerfist le gorille, deux lascars de Los Animales sont devenus les “princes de la ville” et commencent à s’embourgeoiser : bagnole de luxe, crédits illimités, maison géante à Bling-Bling Hills. Mais pour vouloir montrer qu’ils sont bien toujours du “ghetto”, ils vont déclencher une réaction en chaîne et une cascade d’ennuis.
    Poursuivis par des gangs, réfugiés dans le vaisseau spatial que le commandant Franck Ramos a fini de construire dans l’espoir de retourner à son époque, ils vont effectivement se retrouver dans les années 80, à Los Angeles et découvrir avec surprise un monde dominé par une créature vraiment barrée: l’homme. Ou du moins certains d’entre eux avec qui ils vont avoir à faire comme le général Ramos (père du rescapé du futur aux moeurs très border line) ou le Dr Mengelstein, qui poursuit ses recherches de vaisseau spatio-temporel et de mutation génétique, chez qui Hammerfist va jouer le cobaye (pendant ce temps, Jack Mandrill est adopté comme totem d’une bande de hippies altermondialistes).

    Surtout, on va découvrir ce que plusieurs flash-backs et flash-forwards esquissaient: l’origine de nos deux héros et la manière dont tout ça a commencé…

    Auréolé du succès (mérité) de son Carnet de Santé, Pozla revient clore cette trilogie déjantée, attirant désormais sans doute sur nom un plus vaste lectorat. Il retrouve donc son complice des Lascars, El Diablo, qui de côté a aussi enrichi son oeuvre de quelques autres albums drôlement réussis avec Cha, comme Pizza Roadtrip et Un homme de goût.

    Ce troisième tome, bien sûr, se savoure et se comprend d’autant mieux si l’on est au fait de la série et surtout du deuxième tome, qu’il prolonge et achève. Mais même une immersion directe dans l’univers futuriste déglingué de Jack Mandrill et Hammerfist captive vite. Très rythmée, d’un dynamisme dingue, joyeusement trash, l’histoire gère bien ses flash-back et propose une jolie résolution au paradoxe temporel (après le récent Liste de Skolem). La boucle est bouclée. De belle manière.

    Et à défaut d’autres albums de bande dessinée, les aventures de Monkey Bizness vont avoir une suite animée: une adaptation mélangeant dessin, pupets, prises de vues réelles et conservant le ton de la série.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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