Il était une fois… trois jolis contes de faits

     

     

     

     

     

    A l’origine des contes :
    Pinocchio
    , Philippe Bonifay (scénario), Thibaud de R
    ochebrune (dessin), éditions Glénat, 72 pages, 17,50 euros.
    Blanche Neige
    , Philippe Bonifay (scénario), Fabrice Meddour (dessin), éditions Glénat, 72 pages, 17,50 euros.

    La barbe bleue
    , Philippe Bonifay (scénario), Stéphane Duval (dessin), éditions Glénat, 72 pages, 17,50 euros.

    Toutes les histoires ont une origine. Les contes aussi…” Née du projet avorté d’une série consacrée aux femmes de Barbe Bleue, cette nouvelle série “conceptuelle” portée par Philippe Bonifay vise ainsi à imaginer les récits qui ont pu inspirer les grands contes classiques. Des récits tout aussi imaginaires, mais auxquels le scénariste de Zoo confère un réalisme indéniable.

    Ainsi, l’histoire de Barbe Bleue, terrifiant meurtrier en série de ses épouses, aurait été inspiré à Charles Perrault serait que l’innocente victime d’un jumeau maléfique, marqué par une enfance tragique pendant la grande épidémie de peste noire.

    En fait de barbe, un lapis-lazuli bleu...

    Alors que le premier est d’une éblouissante beauté, le second est horriblement laid. Artistes, tous deux oeuvrent de concert, jusqu’à ce que la folie s’empare de “l’ombre” et que son frère sombre dans la culpabilité, le tout au profit d’un colossal et tragique mausolée.

    L’art est aussi au coeur de Pinocchio, sous une voie plus positive et enfantine cette fois. En visite à Paris, le journaliste italien Carlo Collodi, qui souhaite écrire un roman pour la jeunesse, se lie d’amitié avec Louise, une petite fille pleine d’imagination, adoptée par le gardien de l’Opéra de Paris. Celle-ci ne cesse de s’inventer des histoires, avec sa poupée dotée d’une branche en guise de nez, voire des petits mensonges pour manquer l’école (en se masquant, alors son nez de la main)…

    Blanche Neige comme on ne l'aura jamais vu chez Disney.

    Quant à Blanche Neige elle est, ici, finalement, la plus “fidèle” à celle du conte des frères Grimm, sinon que ces derniers l’auraient, eux, transposés d’un livre racontant la vie d’Otilie. Celle-ci se retrouve subir les vilenies d’une jolie mais méchante belle-mère. En l’état, Zita – Ottavia, une écuyère échappant ainsi à son destin et à la bande de forains auxquels elle était liée. Plus tard, devenue grande, Otilie sera sauvée par ces mêmes nains, accompagnés d’un ours et d’un cul-de-jatte… Respectant les grandes lignes du conte, dans une perspective plus sombre et romantique, l’album restitue aussi aux personnages secondaires (notamment la méchante sorcière et les “nains” une plus grande dimension que dans le récit bien connu.

    Réservoir inépuisable à récits, interprétations et exégèses, l’univers des contes se prêt donc bien à ces nouvelles évocations. Les tonalités sont différentes (tragique dans Blanche Neige, dramatiquement sanglante dans Barbe Bleue, plus émouvante et touchante pour Pinocchio), mais l’approche assez similaire, s’amusant à créer des correspondances fantaisistes entre la “fabrique des contes” et ce qu’il nous en a été transmis. Bénéficiant d’une pagination assez ample (72 pages), Bonifay créer ici des intrigues assez complexes, aux personnages multiples, au risque, parfois, de susciter aussi un peu de confusion. Mais l’ensemble est un bel hommage à l’imagination des grands conteurs, dont il est un digne successeur.

    Graphiquement aussi, si ces trois premiers albums (paraissant en même temps et possiblement suivis d’une nouvelle vague si le succès est au rendez-vous) sont dans la même veine réaliste, ils se distinguent par la personnalité du trait de leurs auteurs respectifs. Au petit jeu des comparaisons – subjectives – on donnera l’avantage à Fabrice Meddour, pour sa grande élégance et une mise en couleur, toute en demi-teintes sombres parfaitement en phase avec l’ambiance de l’album. Thibaut de Rochebrune, pour Pinocchio, est plus classique, mais se rattrape dans sa mise en images du Palais Garnier (dont, notamment, une belle double page de la salle, vue de la scène, à couper le souffle). Plus relâché, le trait de Stéphane Duval ne manque pas d’expressivité, mais un peu de densité pour donner toute la dimension dantesque de la Barbe bleue.

    Une double page impressionnante sur la salle du Palais Garnier, par Thibaud de Rochebrune.

     

     

     

     

     

     

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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