La bande à Bonnot d’hier et d’aujourd’hui

    La bande à Bonnot, Jean-David Morvan, Stefan Vogel, Laura Pierce (scénario), Attila Futaki (dessin). Editions Glénat, 144 pages, 19 euros.

    Jules Bonnot est un père de famille tout ce qu’il a de plus banal dans la France du début de XXème siècle. La révolution industrielle est passée par là et il gagne maigrement sa vie comme mécanicien pour un constructeur automobile lyonnais. Les conditions de travail se dégradent, c’est le temps des premiers syndicats et des répressions policières. Il est mis aux arrêts suite à une « réunion » interdite qui entrainera un drame familial et réveillera le tigre anarchiste qui sommeille en lui. Il décide alors de prendre les armes avec des bandits locaux, et d’utiliser des automobiles pour accomplir ses braquages, lui donnant un avantage certain face aux gendarmes à cheval et à bicyclette : la bande à Bonnot était née.

    Vous l’avez compris, cette histoire en un tome tente de retracer la vie et la mort du truand Jules Bonnot et de sa bande d’illégalistes. Il était temps, sans doute. En fouinant rapidement sur le web, on ne trouve qu’un seul album relatant la vie du célèbre bandit, sorti sous le même titre il y a quarante ans, réalisé par Florenci Clavé et Christian Godard (et déjà édité par Glénat).
    Et pas de vainqueur au petit jeu des comparaisons, les deux albums sont excellents ! Alors que Clavé a uniquement noirci ses planches, avec un trait unique comme si quelqu’un de l’époque même l’avait dessiné, Futaki nous propose un dessin dynamique et coloré mais sans grande fantaisie.

    Le scénario de la version 1978 est très précis et issu d’une recherche historique approfondie, les planches s’enchainent et racontent avec réalisme toutes les grandes péripéties de la fameuse bande, jusqu’à la fin tragique de chacun des membres du groupe. La version 2018 est beaucoup plus romancée et centrée sur le personnage – et l’homme – Jules Bonnot. Mais il apporte aussi en contrepoint le point de vue de la police a plusieurs reprises.

    Un vrai choc des générations, tant sur le dessin que sur le rythme. Mais on ne peut que recommander la lecture des deux ouvrages !

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