La chevauchée fantastique du Cavalier suédois

    Le cavalier suédois, Jean-Pierre Mourey, Léo Perutz, éditions Les Impressions nouvelles, 144 pages, 20 euros.

    Au début du XVIIIe siècle, aux confins de la Silésie, un jeune noble suédois déserteur de l’armée polonaise et un voleur se rencontrent par le hasard des circonstances, se cachant tous deux de leurs poursuivants. Et, dans un moulin hanté, ils en viennent à échanger leurs identités. Le brigand parvient à convaincre l’officier d’aller se “réfugier” à sa place dans “l’enfer de l’évêque” où sont emprisonnés les vagabonds du coin, tandis qu’il endosse, après pas mal de péripéties le personnage du jeune noble. Entre tromperies et intrigues sentimentales, leurs existence vont ainsi se poursuivre, en parallèle, avant qu’un nouveau coup du destin ne les fasse se rejoindre. En une ultime pirouette du destin.

    Publié en 1936, le Cavalier suédois est l’oeuvre d’un juif tchèque, Léo Pérutz, né en 1882 et mort dans les années 50, après avoir fui le nazisme et s’être exilé en Palestine. La plupart de ces romans – à l’image de celui-ci – instillent une dimension fantastique à des récits historiques.

    Très sélective dans ses sorties d’albums de bande dessinée, la maison d’édition bruxelloise des impressions nouvelles, propose donc ici une adaptation de l’oeuvre de Perutz en roman graphique. Un choix heureux, car Jean-Pierre Mourey happe le lecteur par une construction narrative en boucle, partant d’un prologue intriguant à souhait, suivie de chapitres classiques de récit d’aventures, avant de se clore parfaitement sur une note tragiquement ironique et émouvante.

    Mais toute la singularité de ce Cavalier suédois vient du travail graphique de Mourey, qui fait dans l’imitation (réussie) de la gravure d’époque, avec sa construction en petites cases similaires (avec parfois du récitatif en dessous), un dessin aux contours très encrés rehaussé de fines hachures et une bichromie teintée de bleu et de jaune bistre. Un brin austère (à l’image de la couverture, joliment vernissée), certes, mais très vite envoûtant.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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