La croisière des zombies

    Gold of the dead_couvGold of the dead, Fred Weytens (scénario), Yan Le Pon (dessin). Editions Paquet, 64 pages, 15 euros.

    L’épidémie de zombies continue à se répandre en bande dessinée. En version rétro et maritime, cette fois.

    En 1952 au Mexique, Peio, Enrico et Tim Jones, un trio d’aventuriers sans scrupules dérobe un trésor maya comprenant notamment une étonnante main d’or. Les mercenaires embarquent pour la France à bord d’un cargo qui transporte également une poignée de passagers, dont le riche couple allemand Von Groden, le footballeur américain John Morgenstern et sa girl-friend Cathy Cunningham ou la starlette Amandine de la Porfillerie (cette dernière n’étant pas insensible au charme viril de Jones).

    Mais une malédiction est attachée au trésor. Enrico, l’un des trois malfaiteurs est le premier à ressentir les signes du malaise. Puis un marin, trop curieux, va déclencher la malédiction. Progressivement, l’équipage et les passagers vont être possédés par cette force maléfique. Et les survivants, autour de Jones, vont devoir mener un combat désespéré…

    Le titre, avec son jeu de mot clin d’oeil au film de George Romero Dawn of the Dead indique clairement la couleur. Mais, venant de l’univers des jeux vidéo et de l’animation, les deux auteurs de Gold of the Dead, Yan Le Pon et Fred Weytens, ont su se détacher du style trop léché qui y est souvent associé pour livrer un récit à l’ambiance très “old school”, faisant en fait plus songer à certains films d’Henri Verneuil. Et ce mélange fonctionne bien.

    Trépidante, l’intrigue ne prend pas le temps de se poser sur les personnages, mais ceux-ci sont bien campés, avec les clichés de circonstances (l’anti-héros, le vieux riche, la starlette odieuse, etc). Il en est de même pour les flashbacks sur les séquences maya expliquant l’origine du trésor et de sa malédiction. Et le huis-clos maritime ajoute à la tension. Une tension désamorcée par quelques notes d’humour noir et un trait semi-réaliste léger qui s’en sort aussi bien avec les séquences d’exposition des personnages que dans les scènes d’action, voire quelques planches passablement gore. Bref, une bonne petite série B réjouissante et qui mène bien sa barque jusqu’à son terme.

    A noter, enfin, la double page de garde finale, avec son récit détaillé, sous forme de faux article de journal, de toute l’histoire racontée comme une mystérieuse disparition de cargo dans le triangle des Bermudes.

    gold_of_the_dead_planche

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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