La fin d’un roman très noir au pays des All Blacks

    Maori, tome 2: Keri, Caryl Férey (scénario), Giuseppe Camuncoli (dessin). Editions Ankama, coll. Hostile Holster, 64 pages, 14,90 euros.

    Décidément, le fond de l’air est vicié dans cette Nouvelle-Zélande de l’été 2017, tel que la décrit Caryl Férey.

    Comme la fin du premier volet de Maori le laissait penser, le faits divers sordide masque mal la machination politique. Malgré le meurtre de sa fille et les révélations sur sa vie de junkie, Pita Witkaire, le candidat maori prônant une nouvelle “voie humaine” pour dépasser le capitalisme et sortir le pays de la crise a accepté le “grand débat” télévisé face à son adversaire libéral Malcolm Kirwan. Mais la diffusion, en direct, d’un vidéo trash de sa fille a raison de sa candidature.
    Néanmoins, pendant ce temps, l’inspecteur Kenu poursuit son enquête. De son côté, son ex-compagne, Keri mène aussi la sienne. Une dimension masquée dans l’affaire va finalement apparaître, révélant le véritable instigateur du drame. Tout comme se découvriront les vraies raisons dramatiques de la rupture (irrémédiable ?) entre Kenu et Keri…

    Epilogue de ce premier diptyque en bande dessinée de l’auteur de polar Caryl Férey, Maori répond, globalement, aux questions et attentes du premier volet. Plus “politique”, cette seconde partie se montre aussi plus “classique”. L’évocation de la société maori et des contradictions de l’intégration de la vie aborigène dans la société contemporaine disparaissent, au profit d’une critique du libéralisme et du poids des intérêts économiques sur la vie politique. L’intrigue, à tiroirs, est bien menée à bout, mais elle s’avère plutôt attendue. Le dessin, réaliste, de Camuncoli est toujours aussi carré (aux deux sens du terme…).

    Cette seconde partie accentue en tout cas l’atmosphère pesante et sombre. Si la justice parvient à l’emporter, c’est plutôt l’amertume qui triomphe. Un roman très noir au pays des All Blacks, c’est somme toute, de bonne logique.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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