La guerre universelle a bien repris

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    Universal War two, tome 1: le temps du désert, Denis Bajram, éditions Casterman, 48 pages, 12,95 euros.

    43 ans après la destruction de la Terre et 13 ans après la victoire de Canaan et de la bande à Kadish sur la dictature des CIC, la situation de l’humanité ne s’est pas franchement améliorée. Certes, les compagnies industrielles des colonies extérieures ont été annihilées, mais leur dernier wormhole – cet espèce de trou noir artificiel – est en train de faire disparaître le soleil. Et sur Mars, la colonie terrienne rejette désormais les cananéens, les considérant comme des colonisateurs orgueilleux et méprisants. Nièce de Kadish, Théa, n’est pas loin de penser de même. Elle a refusé d’intégrer les troupes d’élite, préférant se confronter aux Martiens, dans le contingent de rééducation. Elle va se confronter à la violence brute et terroriste. Pendant ce temps, fatigué, vieilli, Kadish et ses amis, devenus patriarches d’une société qui ne les comprend plus, tentent une dernière action pour sauver le soleil. Opération qui échoue, mais qui fait apparaître un étrange triangle géant et obscur, qui se démultiplie à l’infini, devant notre étoile moribonde…

    Sept ans, après la sortie du dernier tome du Cycle 1, la saga phare de SF de Denis Bajram prend, elle, un bon nouveau départ. Album d’exposition – et de rafraîchissement des faits du cycle précédent – ce premier épisode  pose les bases d’une nouvelle intrigue qui apparaît encore plus ample et complexe que la précédente (dès les deux premières planches de prologue – superbes – on saisit que ce cycle sera encore plus galactique)… Tout en se montrant également très immédiate et frontale, par exemple lorsque Bajram n’hésite pas à dessiner les conséquences d’un attentat frappant une école et ses nombreuses petites victimes.

    Bref, ce temps du désert fait montre d’une belle densité : plus spatial que temporel, complexe mais très lisible, et d’un pessimisme global compensé par la générosité de certains de ses personnages (dont la nouvelle héroïne, Théa). Péril planétaire et conflits sociaux forment toujours l’arrière-fond de l’histoire ; une histoire encore une fois marquée par un fort pessimisme sur la nature humaine.
    Visuellement, UW2 apparaît encore plus maîtrisé, avec un découpage destructuré et des planches magistralement dessinées, d’une fulgurante beauté.
    La deuxième guerre universelle commence mal (dans le récit), mais débute vraiment bien.

     

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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