La mort de la bête, Virgile. Editions YIL, 56 pages, 17 euros.

    Londres 1880. Une série de meurtres atroces ensanglante le quartier de Whitechapel. De quoi faire même de l’ombre à Jack l’Eventreur. Ici encore, ce sont des jeunes femmes prostituées qui en sont les victimes. Mais le criminel semble être inhumain, une vraie bête. La police va se mettre sur ses traces, jusqu’à une traque finale et fatale…

    Paru l’an dernier (mais découvert avec retard…), ce récit sans paroles mêle, dans une ambiance gothique, l’histoire de Jack L’éventreur et celle de Dr Jekyll et Myster Hyde. Du grand classique, donc. Mais au-delà de l’aspect muet, l’originalité de cet album est à chercher dans le style utilisé par l’Amiénois Virgile Antoine : du “stylo direct” (comme il en de la couleur directe).

    Virgile Antoine, lors des derniers Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens

    Une technique rarement utilisée en bande dessinée – on se souvient juste de l’album Quatre couleurs, de Blaise Guinin, réalisé au stylo Bic, mais dans une approche plus conceptuelle et dans un style simple. Ici, Virgile en use avec un trait plus fouillé et semi-réaliste.

    C’était déjà le cas dans sa précédente série, Fantasy, mais sa singularité disparaissait derrière les aplats de couleurs. Ici, au contraire, le trait ressort donnant aux décors et plus encore aux personnages un aspect “crayonné”. Une ambiance renforcée par les codes couleurs employés: le noir pour le fond du récit et l’ambiance polar, rehaussé parfois de bleu pour le côté froid et angoissant, le rouge pour exprimer la colère et la passion de la créature, le vert pour les flash-back.

    Le format à l’italienne renforce également le côté “art-book” de cet exercice de style, mais le résultat est bien maîtrisé de bout en bout. Et le récit, dans son minimalisme et sa trame très linéaire, se montre aussi lisible et expressif.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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